INTRODUCTION XXVII
était dans un goût qui se ressentait de ce qui avait été fait dans notre langue par les grands écrivains classiques^. » Le premier contact de Vignj^ avec le génie byronien, nous pouvons déterminer presque à coup sûr quand il a eu lieu. Le Lycée français, au mois d'août 1819, publiait une traduction de Parisina par Bruguière de Sorsum, et, coïncidence remarquable, c'est de 1819 que Vigny date sa Femme adultère, qui contient des réminiscences certaines du poème anglais. Un passage de la pièce reproduit presque textuellement la prose de Bruguière de Sorsum. L'initiation s'est continuée pendant l'année suivante, et, en décembre 1820, le jeune écrivain insérait dans le Conservateur littéraire un article sur les Œuvres complètes de lord Biron (sic) qui respire tout l'enthousiasme d'une découverte. De 1819 à 1826, il n'y a pas, ou peu s'en faut, un seul poème de Vigny qui ne porte à un degré plus ou moins sensible les traces de l'inspiration byronienne. On peut dire que c'est un des caractères généraux de sa première manière-. Je n'irai pas jusqu'à prétendre qu'on doive reporter avant 1819 ceux qui ne possèdent pas cette marque, mais il me paraît « aventureux » de situer plus en arrière ceux qui en sont revêtus. Ajoutez enfin que Vigny, bien qu'il eût appris l'anglais, n'était pas en état, en 1820, de déchiffrer tout seul le texte de Byron ; il le lisait en s'aidant de la traduction de Pichot. C'est à travers la prose de celui-ci que, dans Hélêna, il imite le poète
dans la garde royale, en garnison à Versailles, en 1816, je crois, lorsque je fis une assez mauvaise tragédie de Julien V Apostat. ))