XXVIII INTRODUCTION
anglais. Tel élégant quadro du ii^ chant, — un clair de lune sur la mer de l'Archipel, — est pris textuellement à Byron, mais à BjTon francisé par Pichot. La comparaison des trois textes en fournit la preuve ^ . Voilà ce que Vigny, avec la meilleure volonté du inonde, n'aurait pu faire en 1816.
Tout concourt donc à démontrer que l'œuvre de Vigny, dans sa conception même comme dans le détail de son exécution, ne saurait remonter au delà de l'époque fixée par Sainte-Beuve. M. Dupuy lui-même finit par en convenir, — ou à peu près. « Qu'en 1822, dit-il, à la veille de l'impression, l'auteur des aventures singulières d'Héléna ait repris son récit pour raviver quelques couleurs et peut-être pour allonger ou étoff"er sa trame, c'est explicable et excusable assurément ; mais il est bien permis de supposer aussi que le poème a été entrepris et en partie exécuté deux ou trois ans plus tôt. Pourquoi le supposer, quand nous avons le témoignage de Vigny - ? » Pourquoi le supposer, dirai-je à mon tour, si le témoignage sur lequel on s'appuie est contredit par les données que fournit le poème lui-même ? Admettre que Vigny a composé son poème, non plus en 1816, mais en 1819 ou en 1820, n'est-ce pas enlever à cette attestation toute sa valeur? Supposer enfin que l'auteur a repris son œuvre en 1821 ou 1822, « pour en allonger et en étoffer la trame », n'est-ce pas avouer qu'on assignerait volontiers cette date à la composition première dHéléna, si le Journal n'exislait pas, et que le seul motif sur lequel on se fonde pour refuser son adhésion à Sainte-Beuve, c'est la répugnance