‹ HélénaChapitre 32 sur 80 · INTRODUCTION XXXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXIII

L'ànieest i)ier(je, mais c est précisément le mol qu'il avait mis dans la bouche d'Héléna :

Les cieux me sont ouverts, mon âme est vierge encore ! '

Et c'est lui qui se montre, pour reprendre ses propres expressions, « aussi scrupuleux que l'auteur de la Piicelle ' », et qui a honte d'avoir été aussi « vrai » et aussi « décent » que Corneille ?

Ce rapprochement, à mon sens, n'infirme pas absolument la raison avancée par Vigny; peut-être la réduirait-il simplement à une certaine crainte du ridicule, faiblesse à coup sûr, mais faiblesse excusable. Il m'incline surtout à penser qu'on peut trouver d'autres motifs à l'exclusion d'//e/éna. D'ailleurs, on s'y est essayé avant moi. M. de Lovenjoul suppose que le poème a été supprimé, entre autres causes, en raison de « son caractère politique -^ », et par suite, cela va sans dire, de son intérêt de circonstance. L'hypothèse a sa valeur. Elle se fonde sur la répugnance ordinaire de fauteur d'Eloa, du Déluge, de Moïse, à traiter des sujets d'actualité, sur sa volonté évidente d'élever sa poésie au-dessus des contingences de l'espace et du temps. Cette répugnance s'exprime dans la note même qui sert d'introduction à Héléna. « Peu de mes ouvrages, déclare l'auteur, se rattacheront à des intérêts politiques. » Elle se manifeste avec plus d'éclat encore dans la préface de 1829, où Vigny revendique comme son domaine propre la poésie philosophique. Il est permis de croire que les idées et les jugements contenus dans une autre préface, —

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