‹ HélénaChapitre 42 sur 80 · INTRODUCTION XLIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XLIII

ville est mise à sac. Les derniers survivants, parmi lesquels le gouverneur Minotti et sa fille Francesca, se sont réfugiés au fond de l'église, autour de l'autel. Alp et les Turcs les y poursuivent. Mais les caveaux sont remplis de poudre ; Minotti secoue sa torche ; l'édifice saute, dispersant dans les airs vainqueurs et vaincus. — Héléna est rentrée dans Athènes à la tête des Grecs victorieux. Les Turcs, pourchassés de toutes parts, ont trouvé un asile dans Téglise. On en force les portes ; on y met le feu. Héléna s'élance au milieu des flammes ; elle rejoint ceux qu'elle appelle « ses époux * » et périt avec eux. Les rôles sont renversés, mais la catastrophe est la même, et, pour la peindre, le poète a demandé à la lecture de Byron le secours dont son imagination avait besoin.

Mais dans le choix de son sujet Vigny n'a pas été uniquement séduit par le côté tragique. S'il admirait dans les poèmes de Byron « le choc des passions rendu par des expressions de flamme », il y goûtait aussi « la peinture fidèle et élégante des lieux et des époques ». « La Fiancée dWbydos, disait-il, étale toute la grâce des mœurs asiatiques, toute la patience servile des Grecs opposée à la cruauté infatigable des Musulmans. De temps à autre il (Byron) réveille des souvenirs de la Grèce antique -. » Voilà en deux phrases toute la poétique qui a présidé à la composition à Héléna. La « patience servile des Grecs », la légèreté et l'insouciance qui leur faisaient accepter

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