INTRODUCTION LV
On entendait au fond de l'église en tumulte
Des hurlements, des cris de femmes, et l'insulte,
Et le bruit de la poudre et du fer.
[Héléna, m, 175-178.)
Et le bois porte au loin des hurlements de femme, L'ongle frappant la terre, et les guerriers meurtris, Et les vases brisés, et l'injure, et les cris.
(L'Aveugle, 251-25Q.)
Et plus loin :
Et le clocher, les murs, les marbres renversés,
Les vitraux en éclats, les lambris dispersés.
Et les portes de fer et les châsses antiques,
Et les lampes, dont l'or surchargeait les portiques.
Tombent ; et dans sa chute ardente, leur grand poids
De cette foule écrase et la vie et la voix.
{Iléléna, ni, 201-206.)
Le quadrupède Hélops fuit : l'agile Crantor,
Le bras levé, l'atteint; Eurynome l'arrête.
D'un érable noueux il va fendre sa tête,
Lorsque le fils d'PZgée, invincible, sanglant.
L'aperçoit, à l'autel prend un chêne brûlant.
Sur sa croupe indomptée, avec un cri terrible.
S'élance, va saisir sa chevelure horrible.
L'entraîne, et quand sa bouche, ouverte avec effort,
Crie, il y plonge ensemble et la vie et la mort.
{L'Aveugle, 2U-2ô\.)
On le voit : à l'exemple de Chénier, Vigny s'exerce à rompre la fastidieuse uniformité de la période poétique, à multiplier les césures savantes, k pratiquer le rejet artistique et l'enjambement à effet. Il a pris de lui des leçons de métrique. Ceci est du nouveau. Une autre nouveauté, c'est la recherche de la couleur, sensible dans tout le poème. Ici Vigny a recouru à d'autres sources, et on les de\ ine déjcà.