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iNTRODUCTiON LXI
d'une source qu'on ne voit point encore '. » — Tantôt l'emprunt se réduit à une réminiscence brève et lointaine. Le long et fameux passage du Giaoïir où Byron représente la Grèce sous les traits d'une jeune morte en qui la beauté survit au trépas a vraisemblablement suggéré ces trois vers qui peignent la Grèce esclave :
Tel, sous un pâle front que la fièvre ravage, D'une vierge qui meurt l'amour vient ranimer Les lèvres que bientôt la mort tloit refermer -.
Tantôt la comparaison est développée : Chateaubriand en quelques mots montre Cyniodocée assise sur la poupe du navire qui l'emporte vers la Palestine, « entre les statues d'ivoire de Castor et de Pollux. Sans les larmes qui coulaient de ses yeux, on l'eût prise pour la sœur de ces dieux charmants •'. » Telle Héléna apparaît sur le vaisseau qui la conduit à Athènes :
Quand pâle, enveloppée de son blanc vêtement,
Elle s'élevait seule au sein de l'ombre noire.
Les Grecs se rappelaient ces images d'ivoire
Qu aux poupes des vaisseaux consacraient leurs aïeux,
Pour les mieux assurer de la fa\ eur des dieux '.
Tantôt elle est remaniée : Chateaubriand et Vigny comparent tous les deux un guerrier rassasié de carnage à un fauve qui s'endort sur les tléi)()uilles de ses victimes, mais ils ont choisi, l'un, pour peinche le guerrier franc, un animal noble et généreux, le lion, lautre, pour peindre le
L Œuvres complètes, t. IV, p. 27().