LE CHOEUR DES GRECS
345 o jeune fiancée ! ô belle fugitive !
Les guerriers vont répondre à la vierge plaintive ;
Le dur marin sourit à la faible beauté,
Et son bras est vainqueur quand sa voix a chanté
KGELENA.
Regardez, c'est la Grèce ; ô regardez ! c'est elle ! 350 Salut, reine des Arts ! Salut, Grèce immortelle ! Le monde est amoureux de ta pourpre en lambeaux, Et l'or des nations s'arrache tes tombeaux.
O fille du Soleil ! la Force et le Génie Ont couronné ton front de gloire et d'harmonie. 355 Les générations avec ton souvenir
Grandissent ; ton passé règle leur avenir.
Les peuples froids du Nord, souvent pleins de ta gloire. De leurs propres aïeux ont perdu la mémoire ; El quand, las d'un triomphe, il dort dans son repos, 360 Le cœur des Francs palpite au nom de tes héros.
O terre de Pallas I contrée au doux langage ! Ton front ouvert sept fois sept fois fît naître un sage. Leur génie en grands mots dans les tempss'est inscrit; Et Socrate mourant devina Jésus-Christ.
Vers 36i. Ici c'est Vign3r qui devance Lamartine. Ce vers pourrait servir d'épigraphe à la Mort de Socrate (1823), et la tirade suivante en est comme le commentaire :
Heureux ceux qui naîtront dans la sainte contrée Que baise avec respect la vague d'P^rylhrée ! Ils verront les premiers, sur leur pur horizon, Se lever au matin l'astre de la raison. Amis, vers l'orient tournez votre paupière : La vérité viendra d'où nous vient la lumière ! Mais qui l'apportera ?... C'est toi. Verbe conçu ! Toi qu'à travers les temps mes yeux ont aperçu ; Toi dont par lavcnir la splendeur réfléchie