LE CHŒUR
365 O VOUS, de qui la voile est proche de nos voiles, Vaisseaux helléniens, oubliez les étoiles I Approchez, écoutez la Vierge aux sons louchans La Grèce, notre mère, est belle dans ses chants.
o fils des héros d'Homère !
370 Des temps vous êtes exclus ;
Telle n'est plus votre mère, Et vos pères ne sont plus.
Chez nous l'Asie indolente S'endort superbe et sanglante,
375 El, tranquilles sous ses yeux,
Les esclaves de Lesclave
Vient m'éclairer d'avance au sommet de la vie. Tu viens ! tu vis ! tu meurs d'un trépas mérité ! Car la mort est le prix de toute vérité. Mais ta voix expirante, en ce monde entendue, Comme la mienne au moins ne sera pas perdue, La voix qui vient du ciel n'y remontera pas ; L'univers assoupi t'écoute et fait un pas ; L'énigme du destin se révèle à la terre ! etc.
Vers 376. « Tes lâches habitants, dit BjTon en s'adressant à la Grèce, rampent depuis le berceau jusqu'à la tombe, esclaves d'un esclave » [Giaoïir, début ; trad. Pichot, t. II, p. 11, : Slaves, — naj' the bondsmen of a slave.
Il commente ainsi son vers dans une note : « Athènes est la propriété du Kislar Aga (chef des eunuques noirs du sérail) ; c'est lui qui nomme le waj'vode. Un pandar et un eunuque (ces titres sont vrais), s'ils ne sont pas nobles, gouvernent le gouverncmcnl d'Athènes. »
Regardent la mer qui lave L'urne vide des aïeux.