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LE CHOEUR

L'aubedesangviendra,vousverrezquinoussommes; Vos chants n'oseront plus redemander deshommes.

Vers 391-392. Allusion au chant v de l'Iliade : Diomède, dans la bataille, blesse d'un coup de lance Vénus d'abord, puis Mars luimême.

HELKNA

395 Compagnon mutilé de la mort de Riga Et pirate sans fers, fugitif de Parga,

Le marin, rude enfant de l'île, Loin de ses bords chéris flotte sans l'oublier ; Il sait combattre comme Achille, 400 Et son bras est sans bouclier.

Vers 39!). Sur Riga, voir plus haut, chant ler. v. 92 et la note.

Vers 396. Il est question des pirates de Parga dans la strophe 5 de la chanson de guerre albanaise insérée par Byron, à la suite de la stance 72, au ii^ chant de Childe Harold. Mais l'imagination de Vigny et de ses contemporains avait été surtout frappée par l'héroïque résolution des habitants de la petite ville épirote. Elle avait été occupée en 1815 par les Anglais, puis cédée par eux à Ali-Pacha Les Parganiotes, plutôt que de tomber sous la domination du despote de Tébélen, abandonnèrent leur ville, et émigrèi'ent dans les îles Ioniennes, après avoir exhumé et brûlé les ossements de leurs ancêtres (10 mai 1819). Les journaux du temps rapportèrent le fait voir les Déhais du 4 juillet 1819) ; de dramatiques récits en furent publiés, en Angleterre, dans VEdinburgh Review (October 1819); en France, dans la Bibliothèque historique {Notice sur Ali-Vizir, pacha de Janina, t. IX, 1819, p. 5), dans le Voyage en Grèce de Pouqueville, Paris, 1820-1821 1. 1, pp. 494 et suiv. . t. III, pp. 409 et suiv.) et dans une brochure spéciale : Expose des faits qui ont précédé et suiui la prise de Parga, ouvrage écrit originairement par un Parganiote, et traduit en français par un de ses compatriotes, publié par Amaurg Duval, membre deV Institut royal de France, in-8o, Paris, 1820. « La cession de Parga aux Turcs par la puissance qui avait pris sous sa protection la ville et son territoire, dit Amaury Duval dans l'Avertissement, est un de ces événements que l'histoire doit consigner dans ses fastes. Ce sera un éternel monument de honte pour le gouvernement anglais. » (P. 5.) J.-P. Abel Rémusat, rendant compte dans les Annales de la littérature et des arts du Voyage de Pouqueville, signale parmi les chapitres les plus intéressants celui qui tei-mine le I'^'' volume et où l'auteur raconte la chute de Parga. « Cette petite catastrophe, qu'on eût à peine remarquée en d'autres temps, a fait une grande sensation dans le nôtre. » (viii'' livraison, 1820, 1. 1, p. 273; Elle fut chantée la même année par Viennet, dans un poème intitulé Par(/a. (Paris, in-8'', 1820 ; 2c éd. en 1821, à la suite des Epitres et Poésies.)

HELERA.

O nous pourrions déjà les entendre crier ! Ces filles, ces enfants, innocentes victimes; Vos ennemis rians les foulent sous leurs pas, Et leur dernier soupir s'étonne de ces crimes 405 Que leur âge ne savait pas.

Vous avez évité ces horribles trépas, Vous, sœurs de mon destin, plus heureuses compagnes Votre pudeur tremblante a fui dans les montagnes; Appelant de leurs mains et plaignant Hélena, 410 Leur troupe poursuivie arrive à Colona ;

Puis sur le cap vengeur, l'une à l'autre enlacée Chanta d'une voix ferme, exempte de sanglots, Et leurhvmne de mort, sur le mont commencée, S'éteignit dans les flots.

Vers 406-il i. Vigny transpose ici un des faits les plus célèbres de la lutte des Souliotes contre Ali-Pacha '1803'. Voir l'Introduction, II. Je rappelle ici celui des récits de l'événement qui se rapproche le plus du passage de Vigny et qui la vraisemblablement inspiré. « Ali, forcé de lever le blocus de Parga, ordonne à ses troupes de se porter vers Zalongos afin d'égorger les Souliotes qui venaientà peine de s'}" établir. Résistance héroïque de Kitzo Bochari et de Kontzonicas. Courage héroïque de soixante femmes, menacées d'être réduites en esclavage par les Turcs. Elles lancent leurs enfants en guise de pierres sur les assaillants, du haut des rochers où elles se trouvaient: puis, entonnant leur hymne funèbre, et se donnant la main lune à l'autre, elles se précipitent au fond de 1 abyme, où les cadavres amoncelés de leurs enfants en empêchèrent quelques-unes de trouver la mort, objet de leurs vœux. » (Pouqueville, Voyage dans la Grèce, 1" éd., Paris, 1820- 1821, t. V, p. 185 : Fragments pour servir à l'histoire de Souli.}

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