‹ Héléna, poème en trois chants;Chapitre 30 sur 50 · II, 253; I · texte numérisé non relu

II, 253; I

LIV INTRODUCTION

Et si ces restes froids cédaient à mou amour, J'hésiterais peut-être à lui rendre le jour. Malheur ! je ne puis rien vouloir en assurance, Et dédaigne le bien qui fut mon espérance ! Héléna, nous n'aurions qu'un amour sans honneur : Vas, j'aime mieux ta cendre encor qu'un tel bonheur i.

Le poète remonte parfois jusqu'à Homère. « Le vent conducteur » qu'invoque i/e/ena, c'est r&Jptsç dvztioç qui gonfle les voiles d'Ulysse quand Poséidon ne déchaîne pas contre lui la tempête '^. Il est visible que la Bible lui est familière ; le discours qu'il prête à son vieux caloyer est composé avec des versets des Psaumes ^. A l'occasion il emprunte un tour à Lamartine *, un mouvement à Millevoye •"'. On sent qu'il a étudié de près André Chénier. Quand il peint les Grecs

Oubliant l'esclavage auprès de leurs maîtresses

Qui de leurs blonds cheveux nouaient les longues tresses

Avec le laurier rose, et de mœlleux filets.

Fa des médailles d'or, et de saints chapelets '',

cette répétition des « et », celte chute de phrase d'une harmonie un peu traînante et molle, reproduisent un procédé favori de l'auteur des Bucoliques. Le tableau de l'église incendiée rappelle, sinon par les détails, du moins par le dessin général et la coupe de la phrase, le combat des Centaures et des Lapithes :

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