‹ Héléna: Poème en Trois ChantsChapitre 16 sur 77 · INTRODUCTION XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XVII

préeise à laquelle fut composé le drame d’Hellas, de ce fait que Shelley présente comme accomplis en 1821 des faits qui ne se sont réalisés qu'en 1822, serait-on fondé à prétendre qu'il aurait pu tout aussi bien les imaginer cinq ans à l'avance, et écrire son poème, par exemple, en 1816? Les poètes, en cela semblables au reste des hommes, ne prophétisent que ce qu’ils prévoient. Or ce qu'il était possible, et même facile, vu la marche des événements, de prévoir en 1821, c'était la chute, au profit des insurgés, des citadelles qu'ils tenaient bloquées ; ce qu'il était difficile, pour ne pas dire impossible, de supposer en 1816, ce n'était pas la capitulation d’une ville à demi prise, c'était l'insurrection même, dont le siège d’Athènes n’était qu'un épisode en quelque sorte inévitable.

Ceux-là, en effet, auraient été véritablement prophètes qui, dès ce moment, auraient escompté et annoncé, je ne dis pas l’affranchissement, mais le soulèvement général de la Grèce. Un courant de sympathie existait depuis longtemps en faveur de ses malheureux habitants, opprimés par la tyrannie ottomane. Le tableau de leurs misères avait été tracé à maintes reprises par les voyageurs dont les récits cireulaient en Europe. Mais aucun d’entre eux ne donnait à ses lecteurs l'espoir de voir finir, en un jour prochain, l'esclavage et les souffrances des Hellènes. On s’accordait au contraire à les représenter comme abrutis par des siècles de servitude, et incapables, pris en

drame lyrique traduit en prose française, Paris, Hachette, 1906, Préface, p. x, et Eclaircissements, p. 169. Il y a lieu,en ce qui regarde Athènes, de tenir compte de la distinction entre la première occupation de la ville par les Grecs (juin 1821) et la prise de l’Acropole (juin 1822).

HÉLÉNA b

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