ACTE I
CASTOR
Non pas, il traîne avec peine son corps Et la vieillesse pâle et morne est son partage Et ses gestes déjà semblent frôler la mort ; Ses pas sont lents sur les routes.
Il vit, te dis-je.
CASTOR
Vraiment, que n'est-il mort dans l'horreur de la nuit, Quand le carnage ameutait l'air de ses vertiges Et qu'llion brûlait
POLLUX
Il vit, te dis-je, il vit.
CASTOR
Ah ! quel rouge dessein hante soudain mon âme !
Et qu'importe la vie ou la mort d'un vieillard
POLLUX
Uhomme qui se sent fort, n'a souci d'aucun blâme Et va, droit devant soi, sous les grands cieux hagards, Avec sa volonté implacable pour guide : Ton bonheur te regarde et tu devrais savoir
CASTOR
Je sais, je sais ; mon cœur comprend et s'élucide Et ce que je redoute est peut-être un devoir ; D'ailleurs, si ce n'est moi, qui sauverait Hélène Des étreintes d'un roi qui ne peut plus l'aimer Et dont les mornes bras se nouent comme des chaînes Autour de son corps triste et de ses flancs fermés ? Un tel amour n'est plus qu'erreur et qu'imposture. Il outrage, il flétrit, il insulte les Dieux. Hélène en doit sentir la honte et la souillure Marquer sa chair superbe et sa bouche et ses yeux. Oh ! les nuits d'épouvante et d'effroi sous les astres Oh ! la nocturne horreur de ces embrassements Qui appellent sur eux la mort et les désastres....