‹ Hélène de SparteChapitre 34 sur 66 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

ELECTRE, MÉNÉLA6, POLLUX

ELECTRE

Et maintenant que vous savez tout comme moi, Quels souvenirs brûlants me frôlent de leur flamme Comprenez-vous mes nuits de terreur et d'effroi Et quels feux de folie enveloppent mon âme ?

MÉNÉLAS

Je sais depuis longtemps, je sais combien toujours Le meurtre est proche, hélas, quand un Atride passe Par le chemin torride et noir de ses amours.

Mais toi, l'enfant, ta vie est pareille aux bonaces Qui divisent le cours des tempêtes en mer. Le sang que tu as vu par ruisseaux se répandre N'a pu souiller les purs miroirs de tes yeux clairs. Tu étais jeune, alors ; tu ne dus rien comprendre A ces mxeurtres brutaux ensanglantant la nuit Et dont la rouge horreur effrayait la lumière Ton cœur ignora tout...

ELECTRE

Hélas ! il a compris ; Il sait que l'amour tue et ravage la terre Comme un fléau soudain, et que rien n'est plus fort Sous les cieux embrasés de volontés mauvaises Que le chant de sa vie, ou le cri de sa mort ; Et puis, il sait aussi que les destins se plaisent En ces jours d'infortune à se jouer des rois Et que mentent les mots sur les lèvres humaines Et que Castor vous hait et qu'il veut à la fois Perdre le chef de Sparte et le maître d'Hélène. Mon cœur recèle en soi de violents secrets.

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