ACTE I
POLLUX
(survenant avec une troupe d'esclaves portant des fleurs, des fruits, des branches)
Vous suspendrez ces fleurs
Et leurs guirlandes de lueurs
A la terrasse ;
Et ces roses lourdes et grasses
A ce linteau ;
Et tresserez autour des blancs poteaux
Et des hampes guerrières
Libérant son feuillage, mais serrant ses rameaux,
Le Lierre.
(Aux bouviers)
\^ous choisirez dans le bétail nombreux
Les plus grands bœufs
Pour orner d'or resplendissant leurs cornes ;
Vous cueillerez la menthe et la viorne
Pour en joncher les carrefours, partout ;
Vous répandrez au long des routes blanches
Des branches
Du sable lumineux et de brillants cailloux :
Je veux que l'air, le vent, le sol, le mont, je veux Que le ruisseau fuyant et le chemin poudreux, Je veux que tout et dans la ville et dans la plaine Fête par un accueil joyeux,
(Rapidement aux bergers)
Menez et maintenez tout au long des pacages Chèvres, béliers, brebis aux superbes toisons Pour que le roi les voie autour de sa maison Et les admire à son passage.
(Les bergers sortent)
Les prés sont gras, les celliers pleins.
J'ai travaillé pour lui autant que pour moi-même
Le pays tout entier est riche en grain ;
Et plus aucun chemin
Ne voit errer la faim.
De bourg en bourg, par les champs blêmes.