‹ Hélène de SparteChapitre 50 sur 66 · ACTE III loi · texte numérisé non relu

ACTE III loi

EUPHORAS

Castor est mort, Hélène est seule dangereuse.

POLLUX

Ne parlez point ainsi et dites-vous plutôt Que sans elle, la gloire et ses ailes fougueuses N'eussent touché au front la Grèce et ses héros. L'angoisse est nécessaire aux races qui sont fortes Et pour grandir encor, il leur faut le danger.

(Un silence)

Amis, rappelez-vous, qu'à Troie, au long des portes, Quand le soir s'étendait sur les champs ravagés Et qu'Hélène marchait, seule, dans la lumière. Ceux qui la regardaient passer, du haut des tours, Disaient : " Que nous importent et la mort et la guerre, Et la chute des corps sanglants sur le sol lourd Et le fracas entre eux des chars et des armes. Puisque rien de plus beau sous le ciel n'a vécu Que la femme qui m.et en nos cœurs tant d'alarmes " ? Ils raisonnaient ainsi, et c'étaient des vaincus !

Et ma sœur s'en allait sans ouïr leur louange,

Et vous, vous les vainqueurs, vous osez l'outrager.

(Personne plus ne parle. Pollux continue)

Mais je veux oublier vos paroles étranges Et ne voir en vos cœurs qu'un émoi passager.

(Tous l'acclament)

Sparte doit ressurgir plus haute de l'Epreuve Et du deuil où la plonge, hélas ! la mort du roi. Hélène est plus sacrée encor, puisqu'elle est veuve Et que de tous les siens, il ne reste que moi. Le meurtre s'est rué sur le meilleur des hommes Mais après les honneurs rendus à son trépas Vous vous direz que c'est ma sœur et moi qui sommes, Qui sommes seuls, ce qui reste de Ménélas.

(Une pause)

Et maintenant, je sais qu'un mot eût pu suffire Pour nous mettre soudain, comme autrefois, d'accord. Je dirai donc que Zeus, — mais pourquoi vous le dire — Que Zeus, mon père, a dès longtemps fixé mon sort,

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