ACTE III
Pour la grandeur de Sparte, et pour ses fils, que moi ?
J*appris, pour vous Tapprendre, à mieux tailler la vigne ;
Je vous aidai par mes conseils et mes deniers
A défricher le champ propice aux citronniers
Au long de TEurotas et de ses bords insignes.
Le sol vous est soumis comme un cheval dompté.
Partout, autour des clos, s'épand l'eau salutaire
La fortune est à vous, féconde et tributaire
Et Sparte — un bourg jadis — est, aujourd'hui, cité.
Soyez ingrats, qu'importe ! Elle est à moi, la joie
D'avoir été utile, et de m'en souvenir.
Afin d'être plus prompt encore à vous servir.
Même vous, dont la haine en cet instant tournoie
Autour de mon front calme et de mes yeux sereins.
SIMONIDE
Nul ne vous hait.
UN BERGER
(au notable)
Alors, pourquoi l'amer reproche Surgissait-il et volait-il de proche en proche ?
loo HÉLÈNE DE SPARTE
UN BERGER
(au berger) Laissez parler Pollux, il apaise et convainc.
EUPHORAS
Qu'il se défende !
POLLUX
Hélas ! je n'y suis point habile...
Mais si parmi nous tous, était présent, Nestor, Certes, son esprit clair et sa langue mobile Rappelleraient lequel je fus en ces temps d'or Où je partis, poussé par lui, vers la Colchide. J'étais tout jeune, et sur la nef Argo, longtemps. Le grand vieillard se fit mon conseil et mon guide. J'appris alors son souple et net enseignement. Son zèle sans répit, et sa force sans haine. Je sais conduire un peuple aux routes du bonheur, Je suis le fils de Zeus et le frère d'Hélène Et Castor n'eut jamais notre sang dans son cœur.