‹ Hélène de SparteChapitre 6 sur 66 · POLLUX, ELECTRE · texte numérisé non relu

POLLUX, ELECTRE

ELECTRE

Prince, je pars. Hélas ! puisque revient Hélène, Chaque heure qui s'écoule augmente mes ennuis.

J'ai senti mes fureurs me reprendre la nuit

Et je tremble, et je vague, et mon âme est en flamme.

POLLUX

Hélène apaisera elle-même votre âme

Elle ne vous hait point ; toutes deux vous oublierez

Et les deuils passagers et les maux endurés

Et les meurtres anciens que recouvre la terre.

ELECTRE

Jamais ! je porte en moi une âme trop austère Et trop haute pour avoir peur des souvenirs.

POLLUX

Oh ! le malheur qui vous attend dans l'avenir ! Les jours passent, le deuil s'éloigne et l'homme oublie; Votre front est trop clair pour la mélancolie : Les Dieux ont seuls le droit de n'oublier jamais.

ELECTRE

Je suis celle qui doit haïr, je hais, je hais.

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