ACTE DEUXIÈME
JEAN
Mais enfin vous savez quelque chose?
PAUL
Ohl non, rien!
JEAN
Alors tout cela vaut sans doute qu'on en rie. Pourtant expliquez-vous...
PAUL
Monsieur I
JEAN
Je vous en prie.
PAUL
Je vous jure, monsieur, que vous m'embarrassez.
Comment vous dire à vous... ce qu'enfin je ne sais?...-
J'ai rêvé la famille à ce point pure et sainte
Que ma dévotion n'y peut souffrir d'atteinte,
Le fanatique a des visions et croit voir ;
Quoi qu'il en soit d'ailleurs, je tiens pour un devoir
De dégager toujours la loyauté d'un doute
Dont la foi souffre et que la prudence redoute.
Si mensonger qu'il soit, comme une vérité.
L'amour vit de franchise et l'honneur de clarté.
Lorsque bonheur et nom sont communs, il importe.
Pour ce bonheur qu'on rêve et pour ce nom qu'on porte,
De ne point du passé compliquer l'avenir...
Je ne sais quels propos je viens là vous tenir,
Vous ne m'entendez pas? "
JEAN
Mais faites-vous entendre.
PAUL
Puisqu'il le faul, je vais parler sans plus attendre. Et tenez I rien qu*un mot, répondez à ceci :
Quand je vous demandai d'épouser Blanche, ici, Vous m*avez dit : vous le pouvez?
JEAN
Eh bien... j'ignore...
Eh! bien, répétez-moi que je le puis encore.
JEAN
Encore?
PAUL
Et qu'aujourd'hui pas plus qu'à ce moment, Mon amour n'a sujet d'hésiter... justement; Qu'enfin notre avenir n'a pas une menace,
Jean fait an moaToment.
Monsieur I voyons I monsieur, c'est vrai, je suis tenace
A mon tour, mais il faut que vous me pardonniez...
Non! non ! Je ne veux pas que vous me compreniez !
Mais que votre indulgence ou votre orgueil oublie
Mes hésitations, mon trouble, ma folie;
Ce que j'attends de vous, je l'avouerai bien bas,
Je reviens pour l'entendre I... oh! non, ne cherchez pas I
Dites-moi seulement, vous savez, l'homme est lâche,
Qu'un obstacle jamais n'entravera ma lâche
Dans l'avenir!
JEAN
Comment?... et pour quelle raison?