ACTE TROISIÈME
- JEAN
Là-bas, Pour qu^'inulilement nous ne nous cherchions pas, Je vous ferai savoir à la poste où je reste ; Vous ferez comme moi, n'est-ce pas? Quant au reste, La Suisse étant un sol propice aux accidents. J'agirai pour qu'oiv n'ait rien à voir là-dedans.
RENÉ
Monsieur, pour elle enfin, que mon silence accuse, Que ma faute punit, écoutez mon excuse, Laissez parler au moins ma probité.
JEAN
Vraiment !
RENÉ
Oh 1 dites-le, ce mot résonne étrangement, Dites! Votre colère, allez, n'a pas d'injure A la hauteur de mon remords, je vous le jure.
Le remords du présent, monsieur, ou du passé?
RENÉ
Mais...
JEAN
Vous aviez été son amant, je le sais I
RENÉ, altéré.
Vous!
JEAN
Je le sais!
Silence.
Eh bien, cela doit vous suffire, Et votre probité n*a plus rien à me dire?
RENÉ, sMnoUnaiiU
Rien, sinon que ma vie est à vous.
JEAN
En ceci, Vous parlez justement et je l'entends ainsi I
RENÉ
Mais si vous savez tout, alors, votre justice
Sait qu'elle est ma victime et non [^as ma complice,
» Non, oh! non, même pas dans le passé! Jamais! *
» Ne la punissez pas de ma faute, elle, oti ! mais
» De tous les châtiments ce serait là le pire.
» Celte faute, monsieur, elle a dû vous le dire,
» N'affirme que ma ruse et mon indignité,
j» Dans son tme du moins et dans sa volonté,
j> Et malgré tout, je n'en sais pas qui soit plus pure,
» Plus digne de respect! Ohl je vous en conjure,
Épargnez-la, monsieur.
JEAN
En vérité, je croi Que vous la défendez, vous ! vous I et contre moi ! Je vous sais gré d'ouvrir à mon cœur ce refuge, Mais moi je ne suis pas un rival, mais un juge. Chez vous, chez votre mère, un jour, il est entré Une orpheline et pauvre, un être enGn sacré À qui l'honnôteté de tout homme était due ; Mais vous l'avez séduite, et trahie et perdue. L'enfant est devenue une épouse... Alors vous. Vous êtes revenu : cela vous semblait doux,
* Vers supprimés à la représentation.