ACTE TROISIÈME
Recueillir son adieu, non! je n'ai pas osé!... Ainsi .•
EUe fait un pas yen la porte.
JEAN, se jetant au-deyant d*eUe.
Je VOUS défends!
D'abréger l'agonie ?
C'est vous qui n'avez pas ce droit-là, je le nie.
Eh bien! cela c'est mal! oh! c'est mal! Qu'ai-je fait? Que me reprochez-vous? qu'ai-je dit?
En effet,
Vous avez le silence implacable et docile, Votre dédain pour moi vous le rend bien facile... Vous ne souffrez pas, vous!
JEAN
Moi ! je ne souffre pas 1 Le plus désespéré de nous deux, le plus las.
Et de nous deux ayant le plus le droit de l'être. C'est elle! vous verrez que c'est elle peut-être! Tenez! Je serai bon pour vous... Restons-en là I...
HÉLÈNE, agressîTe.
Non ! non ! insultez-moi ! Non ! j'aime mieux cela l
JEAN, essayant de se contenir.
Je ne dis rien, je suis clément, je veux me taire, Je trouve que c'est mieux, je crois que le mystère
Est mon dernier respect et son dernier orgueil... Et c'est elle qui vient insulter à mon deuil, Elle qui se révolte et parle de souffrance 1
S'animant.
Donc, je n'ai pas souffert, moi? Dans mon espérance, Dans celle de Tenfant que je dois protéger.
Dans mon honneur saignant que je ne puis .venger. Dans TefTort incessant dont j'ai fait mon silence, Dans ma pitié pour vous, cette autre violence I Et je n'ai pas souffert! Vraiment c'est inouï!... Mais j'ai souffert jusque dans votre honte I...
HÉLÈNE, appuyant.
Oui! oui!
JEAN, l'animant de pins en plus.
Savez-vous seulement, vous que je vois courbée. Là! de quelle hauteur mon estime est tombée?
Et ce que vous étiez pour moi, le savez-vous? Ce n'était même pas l'épouse pour l'époux.
Hais la mère, et l'amante, et l'amie, et la femme, Tout! vous aviez bien plus que mon amour, mon âme ! Et vous aviez bien mieux que mon respect : ma foi !
HELENE, appayant toojoors.
Bien ! c'est cela ! c'est bien I frappez-moi I frappez-moi !
JEAN, arec tonjoun plus de force.
On est pauvre, on est seul. Des bonheurs de la vie On n'a que ce qu'on rêve ou ce que l'on envie, Et le plus ardemment et chastement rêvé C'est l'amour de l'épouse. Il n'est si dépravé Qui ne trouve un restant de candeur et d'estime