‹ Hélène Peyron; drame en cinq actes, en versChapitre 21 sur 48 · ACTE II Zi · texte numérisé non relu

ACTE II Zi

Avec leurs hôpitaux, avec leurs sacristies,

Et leurs maisons d'école à recrépir de neuf,

Ces gens-là me feront travailler comme un bœuf!...

(Il s'essuie le froiil avec sou muuclioir.)

On se doit au pajs!...

M. DAUBRET, avec iraporlance.

Il faut bien se le dire ; Cela soutient.

DESPRKZ, à paît.

Mon Dieu! si je pouvais donc rire

M. DAUBRET, comme se ravisanl.

Ah!... puisque je vous ai seul à seul aujourd'luii...

(Désignant Desprez.) Monsieur n'est pas de trop, je m'ouvre devant lui. Jamais, et tout d'abord je dois le reconnaître. Parmi les amitiés que le monde fait naître, Aucune, entendez-vous, aucune, en vérité, N'eut l'ardeur de la nôtre et sa sincérité. Mgiis, pour peu qu'on raisonne et qu'on soit philosophe, Tous les cœurs, cher ami, sont faits de même étoffe. Le mien ressemble au vôtre. Aveugles ou subtils. Nous dansons tous, pendus au bout des mêmes fils!... Voyons, là, franchement, vous n'êtes pas un homme A dépenser vos jours, à troubler votre somme Pour le simple bonheur de me serrer la main?...

FLAVIGNAC, surpris.

Vous pensez...

M. DAUBItEï, souriant.

Pas un mot ! on sait son cœur humain. Plus les effets sont grands, plus je cherche les causes...

Uh HÉLÈNE PEYRON

DE8PREZ, A part.

niable !... a-t-il mis son nez sur notre pot aux roses?.,.

FLAVIGXAC, iivec embarras.

Mais... votre amitié seule est un but assez doux...

M. DAUBRET, vivement.

Ne parlez pas ainsi, je douterais de vous !

(Avec bonhomie.)

Kh ! bon Dieu ! vous pouvez me regarder en face ; J'en ferais tout autant, moi-même, à votre place!

DESPREZ, à pari.

]\lerci!...

M. DAUBRET.

Ne craignez pas que je blâme, un moment, \otre but politique, en cet événement.

DESPREZ, à part.

Tiens ! tiens! tiens!...

FLAVIGNAC, inquiet.

Je proteste !. .

M. DAUBRET.

Encor ? c'est du délire !

Les augures, entre eux, gardent le droit de rire, Je suis un gros papa, bien roulant, bien portant, Qui ne voit rien jamais, et qui sait tout pourtant!

DESPREZ, à part.

Ouf I

FLAVIGNAC.

Je ne comprends pas...

Procédons sans ambages (Avec finesse.)

Cette vive amitié, dontjo connais les gages,

Page 1