ACTE r. — LA DÉMENCE
Claiidien !
CLAIDIEN (surpris)
Antoninus !
Tu me fuyais?... L'absence Est-elle le seul jeu de ton insouciance ? Je ne t'ai plus... jamais... tu t'éloignes... Pourquoi ?
CLAUDIEN (hésitant)
A tes ordres toujours j'ai répondu...
Tu vois !
Il me faut t'ordonner pour que tu ne m'oublies! Qu'as-tu fait des élans de ta vie pour ma vie, Ingrat?... Des ordres ! quand je voudrais qu'éperdu, Sans contrainte, tu vins pour mieux être attendu ! Des ordres î... Je suis seul, Claudien, et tu te caches... Qui donc t*a pris à moi ? Qui de ton cœur m'arrache ? Quel amour ravisseur ? quelle divinité? Ce n'est pas l'Empereur qui parle, c'est l'été Que je suis et qui veut mûrir toute la terre ! Reviens vers moi, je meurs d'être trop solitaire ! Reviens, reviens!... Mon rêve et moi, nous étouffons Dans ce lourd manque d'air de mon âme sans-fond. Qui donc t'a pris ?
SŒMIAS
L'air pur des grands matins limpides.
Sont-ils beaux plus que moi ?