ACTE I. — LA DÉMENCE
D'une part le silence et d'une part la vie ! Il faut purifier ce qui se purifie, Ma mère ! Il faut punir par crainte du danger Car la Rome d'en bas pourrait nous submerger.
SŒMIAS (forte en elle-même)
Ainsi j'aurai conquis, pas à pas, heure à heure, Ce trône d'Empereur pour qu'un autre l'effleure ? J'aurai dressé l'Etat pour qu'il soit chancelant ? J'aurai... Non, règne, règne, ô règne, mon enfant !... Moi, parmi mon orgueil et toi, parmi tes prêtres, Nous venons de trop loin pournous pouvoir soumettre. Oui, mon fils, étouffons la révolte aux yeux fous, Etouffons le malheur amassé contre nous, Soyons l'orage et le soleil sur la vallée, La force triomphante à l'audace attelée, Soyons la vie avec l'Empire dans les bras !
HELIOGABALE (exalté)
C'est le sang répandu qui nous glorifiera.
Je te retrouve avec ta race de Romaine,
Belle et dominatrice, impérieuse et reine !
Je te retrouve, et moi Héliogabale, enfin
Je n'ai plus de tourments et je vais à ma faim
Pouvoir tendre toute la chair de l'inquiétude.
Je cueille, Sœmias, et ta sollicitude
Et tes transports pour la défense de l'Etat!
Tu vas voir, Sœmias, tu vas voir tous ces pas
Qui vont venir, ne plus retourner dans leur rêve,
Car c'est ici le grand arrêt où tout s'achève.
SŒMIAS
Ecartant les transports de mes vertiges noir», Je cours vers mon destin illuminé d'espoirs !
(Sœmias sort.)