ACTE ri. — LES CATACOMBES
SCEiNE III CŒLIA, CLAUDIEN
CŒLIA
Avançons en portant pour la faire bénir,
La coupe de l'amour que nous venons d'emplir.
Tu restes ma clarté dans l'antre de la terre ; Je ne regrette rien. . . Ces voûtes funéraires, Plus que le jour d'en haut, semblent nous protéger.
CŒLIA
Claudien qui m'écouta !
CLAUDIEX
Je fus le naufragé Que recueillit ton cœur ouvert comme une barque. L'empreinte de ma foi sur ta beauté se marque....
CŒLIA
Je compte les moments que nous avons perdus Dans le flot grandissant des plaisirs éperdus Qui ne nous accordaient qu'une détresse immense ! Je me revois, si seule au milieu de ces danses, Dans l'étourdissement des flûtes et du vin D*où coulaient vainement des ivresses sans fin ! Oii étais-tu pendant que je filais mon songe ? Pendant que se mouvaient les fards et les mensonges ? Que l'Egyptienne brune aux crotales d'airain Montrait sa hanche souple et se tordait les reins ?
CLAUDIEN
J'étais dans ton émoi, j'étais dans ton image.