ACTE II. — LES CATACOMBES
CŒLIA
Nous sembloRs revenus d'un étrange voyage Qui marqua de fatigue et de stérilité Notre âge épanoui comme une fleur d'été.
Nous semblons revenus et combien nous le sommes !
Je t'ai suivie, oubliant tout, oubliant Rome.
N'ayant que toi pour mon espace immesuré,
Remplaçant la Vénus et son culte abhorré
Par le tranquille abri de ta grâce naïve
Que je souhaite forte, et que je veux craintive.
Je suis dans le printemps dont tu gardes le seuil,
Etendu sur la mousse où chante ton accueil ;
Je me mêle à la source bleue et je l'épuise,
Car tu es toute l'eau que je m'étais promise.
CŒLIA
Je suis l'épouse avant que l'on nous ait unis.
CLAUDIEN
Si près de moi !... Si près de moi !... Comme en un nid î... Tes cheveux d'or, ces autres voiles, m'enveloppent, Et ta bouche, vent frais tout parfumé d'hysope^ S'approche de ma bouche à notre rendez-vous.
CŒLIA (que Claudien veut embrasser)
Il ne faut pas, Claudien....
CLAUDIEN
Je veux être jaloux De ce qui nous sépare et de ce que j'adore. N'ai-je tant attendu que pour t'attendre encore ? Dans cet asile où nait la piété, mon amour Ne sait plus qui finit de la nuit ou du jour, Et je voudrais pourtant si vite reconnaître L'aube qui te fera la maison de mon être !