SCÈNE I
SŒMIAS, JULIA
SŒMIAS
Le doute croît en moi comme une ombre affligée. Je t'apporte ma peine, et j'en suis si chargée Que je n'ai plus de force et tremble sur mes pas. J'ai tant appris, ma sœur, que mon bonheur s'en va Essayant d'échapper au crime des paroles. Trouverai-je Tespoir et les yeux qui consolent ?
Je crains de voir mon cœur, pour des éternités, S'enfuir sur cette route où le soir l'a jeté.
JULIA
Quel souvenir t'assiège et quel chagrin t'oppresse ? Je t'offre, Sœmias, l'appui de ma tendresse ; Réfugie un moment le cri de ta douleur Dans les bras entr'ouverts de la plus tendre sœur. (Sœmias un moment hésitante, vient dans les bras de Julia.)
Dis-moi ton mal ?
SŒMIAS
Mon mal est le mal de l'Empire.
JULIA (à part)
O dieux !
SŒMIAS
La jalousie aux ailes de vampire Couve et vers l'horizon je vois mon fils trahi...