LES SOLDATS DE CÉSAR
Au Tibre... Au Tibre...
HELIOGABALE (dam le tumulte et irréel.) Enlacez-moi...
Les danses reprennent inconscientes et échevelèes. Héliogabale entouré de la fureur des soldats et déjà sanglant, clame comme en défi, l'hymne de sa foi.
Soleil, champ de blé mûr que les heures moissonnent ! Grand visage embaumé dans les plaines du thym! Soleil, bel échanson des celliers du matin Qu'il envahit et qu'il couronne !
Immense fleuve roux, aux flots de volupté 1 Soleil qui va, qui vient, qui s'étire et qui peine ! Coupe d'or renversée, immense et toujours pleine ! Soleil ! pèlerin de clarté !
Je te chante, Soleil, avec ma bouche vive Offerte comme un fruit que tu viens écraser, Et pareille au jardin longuement embrasé, Mon ardeur devient ta captive !
Soleil î je suis à toi ! Soleil ! tu es Tamant ! Soleil ! je suis la chambre à l'odeur de résine ! L'argile de ta chair coule sur ma poitrine Et rougit notre enlacement !
Soleil ! je suis la fleur, si tu es la campagne ! La moisson, si tu es la course de l'été î La terre, si ton rut est la fécondité ! La mer, si tu es la montagne !
Soleil î Soleil ! Soleil ! Enfant prodigue et beau ! Je ploie sous les colliers de ton étreinte avide. Ton âme m'auréole et ton cœur me lapide Et ta fougue me prend d'assaut.