‹ Héloïse et Abailard;Chapitre 17 sur 41 · SCÈNE XL · texte numérisé non relu

SCÈNE XL

MORTADELLA, caché derrière la porte du fond, ASTYANAX.

astyanax, descendant mystérieusement le f/iedtre.-Elle a reçu ma lettre... et ce signal que j'ai compris... m'annonce que je puis me présenter sans crainte... J'en ai malgré cela... et c'est là le délicieux! O battements de cœur d'un premier rendez-vous ! quel cavaline on ferait là-dessus! (Il chante.)

« Ah ! combien mon âme est émue ! »

C'est de M. Catel, mon professeur... dans YAu-

(*) Loïsa, Mortadella.

de Bagnères.) C'est très joli... (Fredonnant.)

« Ah ! que mon cœur est agité. »

(Mortadella ferme la porte du fond, donne un

double tour à la serrure et met la clé dans sa

poche. Il s'avance sans bruit vers Astyanax.)

astyanax, se retournant d'un air gracieux. Ah! c'est elle !.. (Avec effroi.) Non, au contraire!.. c'est lui!., où me suis-je fourré?

mortadella, s' avançant vers lui d'un air doucereux et patelin. Q u' as-tu donc, mon petit Chiarini?.. tu as l'air fâché de me voir...

astyanax. Quelle idée'., ça serait plutôt vous...

mortadella. Moi!., je comprends... tu me crois furieux... parce que je t'ai trouvé tout à l'heure aux genoux de ma cuisinière...

astyanax. C'est-à-dire... j'avois l'air d'y être... mais en réalité...

mortadella, Et quand ce serait.... est-ce qu'il ne faut pas que jeunesse se passe?

astyanax. En vérité!

mortadella, feignant la bonhomie. C'est dans le sang... ton père était un gaillard...

astyanax, essayant de rire. Voyez-vous ça...

mortadella. J'ai lu sa lettre... et tout ce qu'il me recommande!.. (Lui frappant sur la joue.) Ce cher petit Chiarini... que je suis aise de le tenir chez moi...

astyanax. Et pourquoi?

mortadella. Je te le dirai tout à l'heure... là, dans mon cabinet... où je vais t'attendre... ne t'impatiente pas... mon petit Chiarini. . ne t'impatiente pas? je t'appellerai!.. (U entre dans le cabinet, à gauche.)

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