SCÈNE III. ZANNONE, MORTADELLA
mortadella, avançant un siège. Daignez vous asseoir, Monsieur, je vous écoute...
zannone. Monsieur, je suis de Florence... on me nomme Zannone, avocat...
mortadella. Et vous venez vous établir à Milan.
zannone, s asseyant. M'en préserve le ciel!., l'empereur Napoléon, roi d'Italie, estime trop peu le barreau!
Air : Vaudeville du Piège.
Il déteste les avocats, Contre l'éloquence il se cabre ; Il ne connaît que ses soldats Et que la puissance du sabre.
Le sabre, qui m'est importun, Est son soutien : la parole est le nôtre. Et l'Empereur prétend que l'un Ne doit servir qu'à couper l'autre !
mortadella, s'asseijant aussi. C'est un grand homme... un grand génie!
zannone. Et un grand sabre!.. Aussi je suis resté à Florence sous le gouvernement du grandduc de Toscane... un autre despote qui ne veut dans les familles ni querelles, ni procès.
mortadella. Cela n'est pas possible !
zannone. Notre état est perdu ! ni procès... ni querelles... alors je me suis marié !..
mortadella. Pour ne pas vous rouiller tout à fait ! je comprends ! Mais je ne vois pas, Monsieur, en quoi cela peut m'intéresser...
zannone. Nous y voici... Ma femme est charmante... d'une jeunesse! d'une beauté ! d'une ingénuité surloiife. mais...
mortadella, avec finesse. Oui, ses dents...
zannone. Des perles ! Monsieur!., des perles fines... la plus belle chose du monde... Il n'en est pas de même de sa fortune... laquelle, j'en conviens, est assez médiocre...
mortadella, avec impatience. Alors, Monsieur, pourquoi l'avez-vous épousée?
zannone. Parce qu'elle avait des espérances... un procès... Monsieur!
mortadella, avec humeur. Que m'importe î
zannone. Un procès de deux millions!
mortadella. Qu'est-ce que ça me fait!
zannone. Que vous pouvez lui faire gagner, Monsieur?
mortadella. Je ne suis pas ayocat... Monsieur.,.