ACTE L SCÈNE IV
je suis dentiste ! et mes moments sont précieux. fO (7/ se lève.)
~$~ zannone. Je le sais bien! Mortadella le den- J liste., frère du signor Morladella, ancien cour- V-7 rierde la malle de Genève à Milan.
mortadella. C'est vrai, mais mon frère est C^ mort depuis deux ans... sans rien me laisser...
é zannone Peut-être!., si je vous apportais de lui, en guise d'héritage, une somme de vingt mille francs !
Pi mortadella, revenant vivement. Vingt mille ^1 francs ! (A part.) Dieu que ces avocats sont bavards! (Haut.) c'est par là qu'il fallait commencer... On va tout de suite au fait.
zannone. Nous y sommes en plein ! ma femme, Flaminia Aldini,est nièce et héritière du banquier Aldini, qui, s'enfuyant d'Italie il y a quinze ans, avec sa femme et sa fille, roula à la descente du Simplon, au fond d'un précipice, d'où on le retira mort quelques jours après, lui, sa femme et le postillon, mais aucune trace de la petite fille qui, à coup sûr, à dû être brisée cent fois pour une!
mortadella. C'est juste!
zannone. Mais voilà l'injustice... quand la famille de ma femme a voulu se faire envoyer en possession, on a exigé la preuve du décès de cette petite fille, et comme personne au monde ne pouvait la fournir, le grand-duc a mis les biens du banquier Aldini sous le séquestre et on n'a rien dit... Il n'y a eu ni discussion ni procès! pourquoi? parce qu'il n'y avait pas alors d'avocat dans la famille... mais il y en a un aujourd'hui! un avocat que rien ne décourage, un avocat qui marche toujours à son but !
mortadella, avec impatience. Pas en ce moment !
zannone. Je me suis livré à tant de démarches et d'investigations... que j'ai enfin recueilli de divers, les faits suivants : « Le jour même de la catastrophe, quelques heures après, la malle de Milan descendait leSimplon, conduite par le courrier Giacomo Mortadella.
mortadella, à part. Hein !
zannone Commencez-vous à comprendre?
mortadella, essayant de sourire. Non sans peine... j'ai cru que la malle n'arriverait jamais.
zannone. Les- gens du pays m'ont assuré que j'obtiendrais de votre frère... certains renseignements...
mortadella. Qu'il ne peut plus vous donner...
zannone. Mais Vous, Monsieur...
MonTADELLA. Moi... je me rappelle en effet avoir entendu racontera mon frère... qu'il avait un jour, à la descente du Simplon, aperçu à quelques pieds au-dessous de la route.,, et comme
accroché par un buisson de fleurs sauvages... un enfant dans ses langes!
zannone, vivement. C'est cela même !.. l'héritière... la fille du banquier Aldini.
mortadella, àpart. Quelle découverte! (Haut.) Vous en êtes bien sûr?..
zannone. Je l'atteste... Qu'est-elle devenue?.. vous le savez... je le vois... Parlez!., est-elle morte ou vivante... existe-t-elle encore?
mortadella, qui pendant ce temps a eu l'air de réfléchir. Non, Monsieur... non !..
zannone, lui sautant au cou. Ah! que je vous embrasse!., c'était à croire! c'était certain! mais cela ne suffit pas... et si vous pouvez nous donner la preuve dûment légalisée delà mort de cette enfant...
Air : Vaudeville de Turenne.
A l'instant même, et sur notre héritage, Nous vous comptons vingt mille francs 1 mortadella, à part.
J'espère bien en avoir davantage,
ZANNONE
Car d'après de tels documents Nos droits sont sûrs, reconnus, évidents.
Comment douter qu'un fait existe, Lorsque pour preuve on apporte au débat
L'éloquence d'un avocat,
Et la parole d'un dentiste ?
mortadella, à part, voyant Loïsa qui rentre. Dieu ! Loïsa !
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