SCÈNE PREMIÈRE
LE COMTE, MADEMOISELLE DUVERNEY
(Ils entrent du fond.)
LE COMTE
Et vous dites, mademoiselle Duvorney, que Camille a pleuré une partie de la nuit.
MADEMOISELLE DUVERNEY
Oui, monsieur le comte.
LE COMTE
La cause de ce chagrin ?...
MADEMOISELLE DUVERNEY
Je l’ignore...
hkloise paranquet
LE COMTE
Vous ne l’avez pas interrogée?...
MADEMOISELLE DUVERNEY
Non, monsieur le comte, j’ai mieux aimé vous prévenir. D’ailleurs, «à moi, elle ne dirait rien...
LE COMTE
Pourquoi ?...
MADEMOISELLE DUVERNEY
Parce que je n’ai pas son affection, ce qui est une véritable douleur pour moi.
LE COMTE
Vous êtes dans l’erreur, Camille vous aime. Ce serait de l’ingratitude de ne pas vous aimer, après tout ce que vous avez fait pour elle depuis dix ans que nous avons le bonheur de vous avoir. Et Camille est bonne, elle a du cœur...
MADEMOISELLE DUVERNEY
Trop, peut-être !...
LE COMTE
Que voulez-vous dire?... Croyez-vous que Camille?...
MADEMOISELLE DUVERNEY
Je crois que mademoiselle Camille aime quelqu’un, et comme M. le comte et M. le vicomte son père ont déclaré qu’ils ne la marieraient pas avant vingt et un ans, et qu’elle n’en a que dix-huit, elle pleure, parce que trois ans c’est bien long.
LE COMTE
Vous pourriez avoir raison, ma chère mademoiselle Duverney...