‹ Héloise ParanquetChapitre 19 sur 66 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LE COMTE, MADEMOISELLE DUVERNEY

(Ils entrent du fond.)

LE COMTE

Et vous dites, mademoiselle Duvorney, que Camille a pleuré une partie de la nuit.

MADEMOISELLE DUVERNEY

Oui, monsieur le comte.

LE COMTE

La cause de ce chagrin ?...

MADEMOISELLE DUVERNEY

Je l’ignore...

hkloise paranquet

LE COMTE

Vous ne l’avez pas interrogée?...

MADEMOISELLE DUVERNEY

Non, monsieur le comte, j’ai mieux aimé vous prévenir. D’ailleurs, «à moi, elle ne dirait rien...

LE COMTE

Pourquoi ?...

MADEMOISELLE DUVERNEY

Parce que je n’ai pas son affection, ce qui est une véritable douleur pour moi.

LE COMTE

Vous êtes dans l’erreur, Camille vous aime. Ce serait de l’ingratitude de ne pas vous aimer, après tout ce que vous avez fait pour elle depuis dix ans que nous avons le bonheur de vous avoir. Et Camille est bonne, elle a du cœur...

MADEMOISELLE DUVERNEY

Trop, peut-être !...

LE COMTE

Que voulez-vous dire?... Croyez-vous que Camille?...

MADEMOISELLE DUVERNEY

Je crois que mademoiselle Camille aime quelqu’un, et comme M. le comte et M. le vicomte son père ont déclaré qu’ils ne la marieraient pas avant vingt et un ans, et qu’elle n’en a que dix-huit, elle pleure, parce que trois ans c’est bien long.

LE COMTE

Vous pourriez avoir raison, ma chère mademoiselle Duverney...

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