ACTE II
propriété s’il en trouvait l’occasion; car je crains toujours 1 Telle est la situation, monsieur Raoul, situation devant laquelle nous comprenons que l’amour le plus tendre hésite, et que le plus galant homme recule.
(Ils sc lèvent.)
RAOUL
Je vous remercie, monsieur, de la marque de confiance que vous m’avez donnée ; j’en suis digne, je vous assure, et j’espère vous le prouver bientôt, car tout ce que vous venez de me dire, non-seulement ne modifie en rien mes sentiments pour mademoiselle Camille, mais y ajoute une sympathie de plus. Cependant...
Cependant?...
RAOUL
Je voudrais être sûr que je ne vais rien entreprendre contre son gré. Je crois qu’elle ne me hait pas, mais je ne suis pas certain qu’elle m’aime.
GUY
Elle ne vous l’a jamais laissé comprendre?...
RAOUL
Jamais...
GUY, avec intention.
Tous auriez pu lui écrire.
RAOUL
Moi!...
GUY
Qui sait!... Un mot d’adieu...
Je ne l’aurais pas fait sans vous en demander la permission.
GUY
Ah ! mon cher enfant, que cette conversation m’a fait de bien... et que je serais heureux de vous appeler mon fils!... J’entends Camille, je vous laisse seul avec elle. A bientôt, mon fils!...
(Il sort îi gauche. — Camille entre du fond en courant.)