RAOUL, GUY
Ah! mon cher Raoul, avec quelle impatience je vous attendais!
Tout va bien.
RAOUL
* Guy, Raoul.
Vraiment !
GUY
(Ils s'asseyent à gauche.)
RAOUL
Aussi bien que possible. Nous avons pris peur trop tôt, et vous auriez pu rester à Tours, avec M. le comte. Pas de nouvelles de lui?
Non.
RAOUL
Pas de nouvelles, bonnes nouvelles, puisqu’il était convenu qu’il n’enverrait de dépêches qu’en cas d’événement. Mademoiselle Camille?...
GUY
Va bien.
RAOUL
Tout est pour le mieux. Vous a-t-elle demandé la cause de ce brusque départ?
GUY
Oui. J’avais envie de tout lui révéler, car il faudra en arriver tôt ou tard à une explication, ne fût-ce que pour en finir, dans son esprit et dans son cœur, avec cette mère poétique qu’elle se plait à rêver. En attendant, j’ai prétexté un procès.
» RAOUL
Et vous n’avez pas menti ; le vent souffle de ce côté. Procédons par ordre. Le bonheur ayant voulu que je revinsse chez vous samedi, cinq minutes après le départ de la mère de Camille... Pardon, de mademoiselle Camille...