SCÈNE VI
Les Mêmes, UN IIOMME DE LOI, HÉI.OISE, CAVAGXOL, AVERTIN, puis CAMILLE *.
Avertin entre, salue, puis montre le canapé il Héloïse qui s'y assied; la porte reste ouverte, deux agents sont en dehors.)
l’homme DE LOI.
M. le vicomte de Sableuse!
GUY
C’est moi !
l’homme de loi.
Au nom de la loi, monsieur, et en vertu d’un acte de mariage entre M. Sigismond de Cavagnol et mademoiselle Héloïse Paranquet, par lequel ils ont reconnu et légitimé leur fille, Marie-Étiennette, née de père et mère inconnus et retenue arbitrairement par vous, sous le nom de Camille de Sableuse, je viens vous sommer
* Cavagnol, Héloïse, Avertin, l’Homme de loi, Guy, le Comte.
de remettre à l'instant même cette jeune fille entre nos mains, et vous y contraindre, en cas de refus, par toutes les voies de droit!
GUY
Vous savez, monsieur, que cet homme et cette femme sont deux misérables imposteurs et que l’enfant dont vous parlez est ma fille, qu’ils veulent me voler! (Marchant vers Cavagnol.) S’il te reste un peu de cœur, misérable, ose donc soutenir que tu es le père de cette enfant.
CAVAGNOL, à l’Homme de loi.
Veuillez faire votre devoir, monsieur, je ne connais pas cet homme !
GUY
Tu ne me connais pas!
(Il s’avance.) »
L’HOMME DE LOI, étendant la main.
l’as de violences, monsieur, elles seraient inutiles ! Avez-vous quelque papier qui prouve que cette'enfant est la vôtre, et qui vous constitue des droits sur elle? Un acte public ou privé, acte de reconnaissance ou de légitimation?
GUY *
Non ! mais il est de notoriété que cette enfant est mon enfant. Voilà dix-sept ans que nous ne la quittons pas, mon père et moi, nous sommes tous deux d’honnêtes gens... Officiers de l’armée... blessés... décorés... que vous dirai-je? Nous n’avons jamais menti... Qu’on appelle des témoins, qu’on interroge; qu’on fouille dans toute notre vie. Nous sommes les victimes de la plus
* Cavagnol, Héloïse, l’Homme de loi, Avertin, Guy, le Comte.