ACTE III
odieuse machination. Mais tenez, monsieui', demandez à cette mère, si ce que je dis est vrai... Qu’elle ose le nierl
l’hommxî de loi.
Vous reconnaissez que madame est la mère de la jeune fille?
GUY
Hélas!
l’homme de loi.
Je ne suis que l'instrument, instrument impassible, de la loi. Il faut que je remplisse mes devoirs, monsieur, quels que soient mes sentiments personnels, veuillez nous livrer mademoiselle Marie-Étiennette !
(Il parle bas à Avertin.)
GUY *
Mais dites donc la vérité, madame, avouez donc que vous avez trompé la loi, que vous la faites servir à une iniquité !... Trouvez donc un mot, une larme, un cri qui prouve que vous avez dans le cœur un sentiment humain ! Tenez! tenez! je suis à vos genoux... Je pleure, que voulez-vous de plus?... Demandez-moi ma fortune, ma vie, mon sang; mais ne me demandez pas ma fille!... Il y a peut-être un moyen de tout réparer; Voyons! un bon mouvement... Tenez! un mot... un seul... et monsieur .. monsieur, qui est père peut-être... (Héloïse se lèvo.) qui a des enfants, et qui sait comment on parle quand on en a et qu’on les aime... Monsieur, tout en faisant son devoir, accoi’dera un délai, un sursis... (Héloïse reste muette et immobile.) Mais au nom du ciel, parlez donc!
CAVAGNOL, au fond, à l’Homme de loi.
Finissons-en, monsieur, je vous prie!
* Cavagnol, Héloïse, Guy, l’Homme de loi, Avertin, le Comte.
GUY, courant à la porte derrière laquelle est caeliée Camille.
Alors, je ne céderai qu’à la force! Arrachez-moi do là!...
CAMILLE, ouvrant la porte *.
C’est inutile! me voici... Je ne sais rien de la loi; mais elle ne peut autoriser un crime... Je ne connais pas manière, mais une mère ne peut vouloir le malheur de sa fille ! (A Héloïse qui la rcgardo sans pouvoir définir le sentiment qui l’agite.) Vous êtes ma mère, madame?
HÉLOÏSE
Oui, mademoiselle.
Alors pourquoi m’appelez-vous mademoiselle? il faut m'appeler votre fille.
l’homme de loi.
Vous êtes bien la personne qui a porté, jusqu’à ce jour, le nom de Camille de Sableuse.
CAMILLE
Oui, monsieur.
l’homme de loi.
Nous venons vous chercher au nom de la loi, et vous sommer de suivre madame et monsieur, qui sont, légalement, vos père et mère !
CAMILLE, montrant Guy.
Mon père!... le voici! mon grand-père, le voilà! ma mère, c’est peut-être madame! je n’en sais rien. C’est possible! Quant à monsieur, je ne le connais pas, et je ne le connaîtrai jamais!
* Héloïse, Cavngnol, Avertin, l’Homme de loi, Guy, Camille, le Comte.