INTRODUCTION
Au début de ce travail, nous tenons à en préciser les limites. Les contusions du rein déterminent des lésions variables. La capsule reste intacte ou bien elle présente une solution de continuité à des degrés divers (simple effraction, déchirure plus étendue, broiement complet). Dans le premier cas, il peut y avoir hématonéphrose ; dans le second cas, c’est à un hématome périnéphrétique que nous aurons affaire.
L'hématonéphrose traumatique est caractérisée par un épanchement sanguin intrarénal, limité par une capsule intacte. Nous voulons donc exclure des cas dits hématonéphroses, ceux où une obstruction mécanique de l’uretère a causé une rétention d'urine avec dilatation du bassinet (uronéphroses traumatiques) et où le liquide urinaire peut être plus ou moins
teinté de sang. Nous voudrions désigner l'hématonéphrose sous le nom d’hématome intrarénal, si celui d’hématonéphrose impliquait quelque confusion.
Ainsi entendue, l’'hématonéphrose est rare. Rayer (Traité des maladies du rein) la dit exceptionnelle. Le premier cas rapporté est celui de Danyau, le fils, avec relation de l’autopsie. Bloch (1873) parle d'un ou de deux autres cas. Poireault donne une autre observation (1882) ; il y manque le contrôle de l’autopsie. En 1901, Legueu présentait un nouveau cas à la Société de chirurgie, celui-là opéré avec succès. L'année précédente, Fournier d'Amiens était intervenu pour une hématonéphrose traumatique. Cette observation vient d'être l’objet d'un rapport de Legueu à la Société de chirurgie (1904). Du mémoire de M. Paul Delbet, nous avons tiré deux observations que nous voudrions intituler hématonéphroses. Enfin l’année dernière (1903), nous avons pu voir dans le service du professeur Monlonguet d'Amiens un nouveau cas de laffection qui nous intéresse. Nous en
donnons l'observation in-extenso.