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CHAPITRE XL

1 ÊN Pâque, chez les Juifs, avait été. instituée pour être un monument éternel de leur délivrancé miraculeuse de la servitude d'Egypte. Cette fête, par l’ordre de Dieu mème, était célébrée sur le soir du quatorzième jour du mois de Nizan, le premier de l’année sainte des Israélites (4). Or les mois des Hébreux étaient lunaires et le quatorzième jour de leur premier mois devait concourir avec le jour de l’équinoxe du Printemps, ou vemir immédiatement après (2). Conséquemment le peuple de Dieu célébrait la Pâque le quatorzième jour lunaire qui accompagne ou . Suit prochainement l’entrée du Soleil dans le signe du Bélier.

Il est dit dans l'Evangile que Jésus-Christ, le jour où l'on devait immoler la Pâque, célébra cette fête avec ses apôtres (3); que le lendemain, veille du Sabbat, il expira sur la croix ; et qu’ensuite le troisième jour, appelé le premier du Sabbat, et qui répond à notre Dimanche, il sortit glorieux du tombeau. Or l’in-

tention de l'Eglise, en établissant la fête de Pâques, ayant été

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(4) Exode, ch. XIL, v. 48. :

(2) Josèphe, Antig. jud.,liv. IL, ch. X.

(3) Saint Luc, ch. XXI, v. 7 et 8; ch. XXII, v. 54, Saint Matthieu, ch, XXVI, v. 62 et 63; ch. XXVIII, v. 4 et 6.

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d'honorer la résurrection de Jésus-Christ, elle à voulu que cette fête füt célébrée parmi les chrétiens, non pas le 14° jour de la Lune du premier mois, comme chez les Juifs, mais le Dimanche qui suit immédiatement ce 44° jour.

Les églises d’Antioche, d'Alexandrie, de Rome et de tout l’Occident, appuyées sur l’exemple et l’autorité des apôtres SS. Pierre et Paul, ont suivi constamment l’usage de célébrer la fête de Pâques le Dimanche qui suit de plus près la quatorzième Lune du premier mois. Telle cependant n’a pas toujours été la pratique des évêques de Jérusalem, de Smyrne, d’Ephèse et du reste de l’Asie-Mineure, lesquels, fondés sur une tradition qu’ils disaient tenir des apôtres SS. Jean et Philippe, célébraient la fête de Pâques, dans les premiers siècles de l’Eglise, le 44° jour de la Lune, comme faisaient les Juifs.

L'Eglise rassemblée en concile œcuménique à Nicée l’an 3925, résolut, après avoir anathématisé les erreurs d’Arius, de terminer les disputes qui jusqu’à ce moment s'étaient élevées sur la fête de Pâques. à

C’est pourquoi, dans le but d'établir sur la brute 0 de cette fête une uniformité parfaite dans toutes les provinces chrétiennes, le concile de Nicée ordonna : 4° que dans la suite, sans qu’on dût avoir égard au calcul astronomique, le 21 Mars serait réputé le jour de l’équinoxe du Printemps ; 2°que la Lune dont le 14° jour tombe au 21 Mars, ou vient aussitôt après, serait comptée pour la première Lune, qu’on appelle Zune de Mars ; 8° que le Dimanche qui suit immédiatement le 44° jour de la Lune de Mars serait tenu pour le saint jour de Pâques; 4° enfin, que si le 14° jour de la Lune était un Dimanche, la fête de la Résurrection se-

rait toujours renvoyée au Dimanche suivant, afin que dans au-

cun cas la Pâque des chrétiens ne püt se rencontrer avec celle des Juifs, qui ont refusé de reconnaître Jésus-Christ pour le Messie.

Nonobstant la décision du concile de Nicée, un certain nombre d’Asiatiques s'opiniâtrèrent à célébrer la fête de Pâques avec les Juifs, le 44° jour de ia Lune, sans regarder que ce jour fût on ne füt pas un Dimanche. Ils furent donc considérés comme schismatiques et, en cette qualité, rejetés du sein de l'Eglise; ils sont connus dans l’Histoire ecclésiastique sous le nom de Quartodécimans. -

Les Irlandais néanmoins conservèrent encore pendant quelques

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