‹ Hémoptysties ArthritiquesChapitre 12 sur 21 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Les hémoptysies arthritiques sont, nous venons de le voir, dangereuses par leur abondance d'une part et leur répétition de l’autre. Le traitement aura donc deux indications à remplir, combattre l'hémorrhagie et empêcher sa reproduction en s'adressant à la cause qui lui a donné naissance.

Pour atteindre le premier but il est permis d'employer tous les remèdes, malheureusement trop souvent inefficaces, que nous offre l'arsenal thérapeutique.

On cherchera tout d'abord à relever le moral du malade qui attribue généralement ses crachements de sang à la tuberculose, on le placera dans des conditions favorables. On appliquera des révulsifs sur la poitrine et les membres, on administrera des boissons glacées ou mieux de la glace en petits fragments.

Si ces moyens ne réussissent pas on aura recours aux astringents, surtout l'ergot de seigle; et enfin les vomitifs. Ces médicaments sont ceux qui agissent le plus efficacement sur la circulation pulmonaire (Graves et Trousseau).

On combattra également l'hémorrhagie, quoique plus indirectement, en donnant au malade, comme le conseille le

ab

D: Huchard, le sulfate de quinine à faible dose et surtout l'iodure de potassium et de sodium. Et en agissant ainsi on aura l'avantage de faire en même temps du traitement préventif. \

A propos du traitement préventif nous citerons, avant de l’exposer, celui que préconise Île médecin anglais Fuller, qui conseille de donner aux malades atteints de rhumatisme du poumon, les diurétiques, l’'opium et surtout les alcalins à haute dose, en laissant absolument de côté le salycilate de soude. Tout en ne partageant pas complètement sa manière de voir, nous faisons remarquer, en le citant, qu'il est du même avis que M. Huchard en ce qui concerne l'emploi des alcalins. En effet, le traitement de M. Huchard repose, presque entièrement, sur la médication par l’iodure de potassium et ce mé‘licament a donné, entre ses mains, d'excellents résultats.

Mais, d’après lui, l'iodure de potassium doit être donnée à très faible dose (0.15 centigr. par jour) sous peine d'amener, au contraire, une aggravation des phénomènes.

En effet, à haute dose, l'iodure a au plus haut degré des propriétés eupéniques, propriétés qu'il doit au pouvoir d’augmenter considérablement l'irrigation de la muqueuse respiratoire. Au contraire, comme l'ont bien montré les expériences faites au laboratoire de thérapeutique de l'hôpital Tenon par MM. Huchard et Ch. Eloy, l'iodure de potassium, à une très faible dose « presque homoœpathique », diminue la pression sanguine dans le système vasculaire «système qui est le plus fortement influencé par la diathèse arthritique ».

M. Huthard remplace quelquefois l'iodure de potassium par l'iodure de sodium; nous croyons à ce propos qu'il y aurait avantage à employer toujours de préférence ce dernier, car à notre avis l’iodure de potassium est inférieur comme « médicament artériel » à cause de sa base potassique.

Malgré l'efficacité des alcalins, on conseille de les alterner avec les arsenicaux.

Enfin le Dr Huchard, comme nous l'avons déjà dit au com-mencement de ce chapitre, donne à ses malades du sulfate de quinine, incité peut-étre à ce traitement par la périodicité que présentent parfois les phénomènes morbides.

Quant au traitement par les eaux minérales, il faut être guidé plus que jamais par la nature des causes qui ontamené lhémoptysie.

Aussi faut-il écarter les eaux sulfureuses fortes, tandis qu'on obtient au contraire de bons résultats en envoyant ses malades aux eaux de St-Honoré et d’Allivard (sulfureuses faibles et arsenicales) ou aux eaux du Mont-Dore (arsenicales.)

M. Lebreton conseille les eaux de Vichy et surtout les eaux froides de la source des Célestins.

CBS BEN ENDIONS

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