‹ Hémoptysties ArthritiquesChapitre 19 sur 21 · OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII

(LEBRETON. — Thèse de Paris 1884-85.)

Le nomm* E... Alexandre, àägé de quarante-deux ans, entre le 16 avril 1583, salle Broussais, Hit numéro 14 bis, dans le service de M. Sevestre.

Cet homm: a eu, il yavait vingt ans, des hemoptysiesabondantes et répétées. Ii cracbait du sang « à pleine bouche », dit-il. Ces hémoptysies durèrent deux ans. Il était militaire à cette époque et fut envoyé quatre fois à Amélie-les-Bains par les mélecins militaires qui furent témoins de ces accicents.

Depuis ce moment, son hygiène a été mauvaise et cependant il a plutôt engraissé. Il a s*pt enfants, tous bien portants. Au mois de novembre dernier, pneumonie à gauche, depuis, douleurs fréquentes, mais fugitives, dans les bras et jambes.

Dan: la poitrine, ràles fins des deux côtés, surtout à gauche, expectora. tion abondante, frottements pleuraux, oppression modérée. Rien au cœur.

Après quelques jours d'attente (ventouses sèches, eau-de-vie allemande, sans résultat.) On donne six grammes de salycilate le 49 avril. Le 20, côté droit dégagé. Le 24, le côté gauche ne présente plus que quelques ràles disséminés,

Le maiade sort complètement guéri.

OBservarTION VIII (inédite)

(Communiquée par M. le docteur André Moussous).

M. X..., âgé de 48 ans. — Pas de tuberculeux dans la famille. Plusieurs frères et sœur en bonne santé.

Hormis quelques indispositions pendant l'enfance, santé excellente jusqu'en 1881. Il a fait la guerre de 1870, a souffert beaucoup du froid et

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de toutes sortes de privations, mais n’a pas été malade ni pendant, ni à la suite de la campagne. Il s'est marié à 29 ans et est devenu père de deux enfants qui jouissent d’une très bonne santé. Il fait beaucoup d'exercices de corps et mène une vie très active.

Pour la première fois, en 4881, polyarthrites avec fièvre considérées comme une atteinte de rhumatisme articulaire aigu ; l'affection, qui ne dure pas moins de trois semaines, se termine sans laisser aucunes suites.

En 1883, nouvelles douleurs articulaires occupant un grand nombre de jointures et immobilisant pendant près de quinze jours le malade au lit ou à la chambre, On diagnostique encore du rhumatisme.

En 1885, chute sur le cou le gauche. L’articulation devient très grosse et très douloureuse ; les mouvements sont presque impossibles, la douleur s'irradie jusqu'à l'épaule et au poignet, revient sous forme de crises névralgiques d'une grande intensité et n’est calmée qu’à l'aide de piqûres de morphine. Plusieurs chirurgiens consultés constatent qu'il s’agit d’une arthrite traumatique sans luxation ni fracture. Au bout d’un mois environ, les douleurs se calment un peu, mais l'articulation reste très empâtée, les mouvements r’ont depuis cette époque jamais été recupérés que dans des limites très restreintes, et cette demi-ankylose a résisté à tous les moyens employés pour la combattre (pointes de feu, mouvements forcés, massege, électricité, bains de vapeur, etc.).

Quelques mois après l’accident, le poignet gauche, au-dessous de l'articulation malade et qui, lui, n’avait subi aucun traumatisme, commence à gonfler et à devenir douloureux, En dépit d’une thérapeutique locale aussi variée que celle qui avait été mise en œuvre pour le coude et malgré un traitement intense (salycilate ue s01 le et io lur: de potassium), i'articulation radio-carpienne perd peu à peu ses mouvements. Un état voisin de l’ankylose s'établit encore à ce niveau et cela d’une façon définitive. Le poignet Con subit bientôt le même sort ; les articulations des phalanges sont prises à leur tour, mais il s’agit d'un simple gonflement peri-articulaire peu douloureux, sans attitudes vicieuses ni déviations latérales des doigts et de la main comme on en voit dans le rhumatisme chronique progressif.

Au début de 1887, les membres inférieurs qui n'avaient jamais été intéressés que pendant les deux premières atteintes de polyarthrites généralisées deviennent malades à leur tour. Mais ici les manifestations morbides éclatent sous un aspect qu'elles n'avaient jamais présenté ; les douleurs viennent par crises tous les mois ou tous les deux mois avec rougeur, gon-

flement, fièvre modérée, état saburrhal de la langue. Tant dans leurs apparences locales que dans leurs manifestations générales, ces crises s’affirment comme des atteintes de goutte franche. Au cours de l’une d'elles, l’un des genoux est intéressé, tandis que les articulations tibio-tarsiennes et celles des orteils se dégagent d’une façon absolue et sont restées dégagées ; depuis lors, le genou s’injecte, devient volumineux, se limite dans ses mouvements et reste définitivement douloureux et presque ankylosé.

Pendant l'hiver de 1888, le malade se met à tousser, et de lui-même use d'un peu d’eau sulfureuse pour se débarrasser de cette toux devenue persistante. Sur ces entrefaites et d’une facon inopinée survient, à la fin de mars, une forte hémoptysie qui se renouvelle à plusieurs reprises pendant les jours suivants. Le malade garde la chambre et subit un traitement approprié ; l’eau sulfureuse est immédiatement supprimée.

Quinze jours plus tard, l’hémoptysie se renouvelle tout aussi importante que la première et laisse le malade faible et amaigri. Pendant le courant de mai, troisième hémoptysie, tout aussi peu motivée, en apparence, que les deux premières.

Dans une consultation à laquelle trois médecins prennent part, on agite la question d’une tubereulose pulmonaire, que la répétition des hémoptysies, de légères modifications dans la respiration au sommet droit rendent assez vraisemblable. Le malade est envoyé hors ville ; les crachements de sang et la toux cessent immédiatement et, le soi-disant phtisique récupère son appétit, son embonpoint et toute sa force.

Depuis, la santé à toujours été parfaits ; on n'a plus retrouvé les signes stéthoscopiques un peu vagues qu'on avait découverts du côté du sommet suspect ; le malade n’a jamais plus eu ni toux ni essoufflement. Ajoutons que, dans l’espoir de trouver une amélioration dans l’état de ses articulations, le malade a consulté, tant en province qu’à Paris, un grand nombre de médecins parmi les plus autorisés ; chaque fois l'examen du cœur et des poumons a été noté comme des plus satisfaisants. Le traitement par l’iodure de potassium et la lithine a été très longtemps suivi et il l'est encore à l’heure actuelle. Jamais ni sucre ni albumine dans les urines.

OBSERVATION IX (Inédite).

(Communiquée par M. le docteur André Moussous).

Homme de cinquante-six ans.

Pas de tuberculeux dans sa famille.

Pendant l'enfance a eu les fièvres éruptives; depuis, aucune maladie sérieuse.

A l’âge de quarante ans, psoriasis lingual et tendance à l'obésité; excellent appétit, mais troubles dyspeptiques après les repas.

Présente pour la première fois, en 1887, un accès de goutte franche occupant le gros orteil (douleurs très vives, gonflement, rougeur, puis desquamation après la disparition de l’œdème qui avait envahi une partie du pied); ce premier accès dure cinq ou six jours à peine.

De 1837 à 1890, plusieurs accès présentant une certaine analogie avec la première attaque, mais tendant à envahir d’autres articulations que celles des pieds; les genoux, les coudes sont pris. Le malade est également tour

menté par des poussées d’eczéma sec, très prurigineux, aux bourses, au périnée et au pourtour de l’anus.

En 1890, l'accès goutteux est franchement polyarticulaire, accompagné de fièvre pendant plus de quinze jours. les articulations de la colonne cervicale sont atteintes; et, sans la notion de crises goutteuses antérieures, la maladie aurait été considérée comme un rhumatisme aigu fébrile.

On ne dézouvre aucune complication cardiaque ou rénale, mais des râles sous-crépitants aux deux bases. Cinq mois plus tard, un soir après quelques quintes de toux, brusquement survient une hémoptysie très copieuse, le malade est très dyspnéique. Dans la soirée, les hémoptysies se répètent à plusieurs reprises, on découvre des ràles sous crépitants aux deux bases; le sang est franchement rutilant et spumeux, la quantité totale rendue est très considérable, 600 à 800 grammes environ, il se forme de gros caillots dans la cuvette où il est recueilli. (Ventouses sèches, piqûres d’ergotine, sinapismes aux jambes, fragments de glace dans une

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limonade citrique), l’hémoptysie s'arrête, mais pendant toute la nuit et le 'endemain matin encore, chaque quinte de toux ramène quelques crachats sanglants.

L'exploration de la poitrine permet de découvrir quelques râles, mais ils sont moins abondants que la veiile ; la dyspnée est presque entièrement disparue. Le ma'ade se dit bien et malgré les recommandations faites, il se lève dans la journée. L'exploration du cœur pratiquée avec grand soin et à plusieurs reprises n'indique aucune lésion. Le troisième jour, malgré l'avis du médecin, le malade sort, l’état de santé reste néanmoins parfait et l’auscultation pratiquée quelques jours plus tard ne révèle aucun signe morbide du côté du thorax.

Au début de l'hiver de 1891, nouvelles poussées articulaires envahissant les membres inférieurs et les bras. Fièvre pendant plus de huit jours; au moment où les articulations commencent à se libérer, surviennent des douleurs occupant la face interne de la cuisse etle moliet du côté gauche, puis le membre inférieur se tuméfie. 11 est œdematié, blanc, dur, immobi. lisé par la douleur ; on constate un eordon dur le long de la veine crurale et de la saphène interne. Cette phlegmatia alba dolens, indubitablement d’origine goutteuse, persiste pendant plus d’un mois : l'état général ext excellent, l’appétit partait, le malade ne tousse jamais, son cœur et ses poumons ne présentent rien de particulier. Pendant tout l'hiver, le malade est contraint de conserver un bandage roulé, pour lutter contre l’œdème

qui persiste au niveau de la jambe et s’exagère chaque jour, surtout après des marches un peu longues.

En juillet 1885, après une journée passée sur le bord de la mer et un voyage en chemin de fer, nouvelle apparition, {out aussi brusque que la première, d’une hémoptysie considérable; le malade crache du sang une partie de la nuit, un médecin appelé auprès de lui est très effrayé de la situation, passe plus'eurs heures à ses côtés craignant à chaque instant de le voir expirer. La plupart des moyens employés la première fois sont mis en œuvre pour lutter contre l'hémorrhagie qui prend fin dans la matinée.

La poitrine est remplie de râles, mais l'hémoptysie terminée le malade se sent Leaucoup mieux. Le médecin revient dans la soirée; à son grand étonnement, il apprend que le malade ne se trouvant plus fatigué, et, ayant un rendez-vous d’affaires important, est sorti depuis deux heures.

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Cette imprudence n’entraine aucune conséquence fàcheuse ; la toux et les crachats ne se renouvellent plus et n’ont jamais reparu depuis cette époque. Le malade, examiné à plusieurs reprises en 1892, jouit de la santé la plus florissante, il mène une vie très active de travail et de plaisir ; l'exploration du poumon et du cœur est très satisfaisante, jamais de dyspnée.

Pas de sucre ni d’albumine dans les urines.

LS

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