PATHOGÉNIE
Comme l'indique leur dénomination, les hémoptysies arthritiques doivent leur production à l’état morbide créé par la diathèse. Mais comment la diathèse agit-elle? Nous savons parfaitement que les rhumatisants et les goutteux ont du fait de leur tempérament des congestions fréquentes du côté de plus d’un organe (névralgies congestives, dermatoses) souvent même des hémorrhagies (flux hémorrhoïdaires, métrorrhagies). Le rhumatisme et la goutte étant les branches d’un même arbre, l’arthritisme, pourquoi ne pas admettre avec Cazalis et Woilez l’action puissamment congestive de cette diathèse ? -
Le «poisonarthritique » produit doncune congestion interne en augmentant la pression sanguine dans les capillaires du poumon. Le sang afflue et les vaisseaux trop distendus se rompent.
Ceci prouvé, nous ne nions point qu'il puisse exister des adjuvants. On pourra invoquer la fragilité des tuniques vasculaires, fragilité due peut-être elle-même à l’état constitutionnel du sujet; on pourra faire intervenir, dans certains cas, le facteur cardiaque, les lésions du cœur étant des complications assez fréquentes dans l’arthritisme.
Mais nous pouvons répondre à Cadet de Gassicourt qui, lui, n'admet pas une seule fois l'hémoptysie sans maladie de cœur que, dans toutes les observations recueillies, celle-ci s’est produite sans lésions de cet organe. 4
Nous terminons ce chapitre eu disant, que si l’arthritis prédispose l'individu à des congestions intenses suivies d'hémorrhagies, il est bien rare, qu'il n’y ait pas une cause déterminante pour donner le coup de fouet nécessaire. La cause la plus commune est le froid; en effet, l'arthritique, comme nous le verrons bientôt, aordinairement son hémoptysie après un refroidissement. Il suffit mème d'une impression de froid toute locale, un courant d'air qui viendra frapper la poitrine, une boisson trop glacée, une évaporation trop rapide de la sueur.