‹ Hémorragie de l'orbite: par contre-coupChapitre 10 sur 30 · OBSERVATION III · texte numérisé non relu

OBSERVATION III

(De HŒœLDER, in BERLIN)

RÉSUMÉ. — Chute sur un tas de pierres. — Foyer sanguin dans la fosse temporale communiquant avec un foyer rétrooculaire par la fente sphéno-maxillaire. — Eechymose palpébrale. — Pas de lésion du squelette. |

G..., M.., àgé de soixante et un ans, étant ivre fit une chute sur un tas de pierres. IL meurt trois jours après. Dans

cette chute le sujet se fit sur le côté gauche du crâne une blessure longue d’un pouce. À ce niveau on peut observer deux épanchements sanguins indépendants l’un de l’autre. La première nappe sanguine est sous-aponévrotique; la deuxième s'étend dans le muscle temporal et comble au-dessous de lui la fosse temporale. La collection ne reste pas limitée à cette zone et peut être suivie au delà. L'hématome occupe la fente sphénomaxillaire et se poursuit dans l’orbite. La loge rétro-oculaire est en effet occupée par une collection sanguine qui infiltre la graisse de cette région. Les paupières sont ici le siège d’une ecchymose; aussi bien la paupière supérieure que la paupière inférieure. L’artère sylvienne porte sur son trajet une déchirure transversale qui intéresse à peu près la moitié de la circonférence du vaisseau. L’arachnoïde est également le siège d’un épanchement de sang.

On ne relève aucune fracture du crâne.

Cette observation nous permet de remarquer l'existence d'une lésion importante siégeant sur l'artère sylvienne. Cette lésion n’a pas été produite par une esquille même qui l'aurait déchirée directement puisque nulle part Hæœlder n’a pu relever une fracture des os de la base. L’artère s’est déchirée sous l'influence du traumatisme, l’énergie du choc s’est transmise à la paroi osseuse du crâne qui à résisté tandis que le vaisseau sous-jacent se déchirait.

Dans cette observation, le sang rencontré au fond de l’orbite communiquait avec une collection située dans la fosse temporale; il est évident que l'on pourrait nous objecter que le sang avait coulé dans l'orbite de la région temporale qui était le siège primitif de l’hémorragie; c'est une hypothèse soute-

RE

nable sans doute, mais l’origine du sang ayant pu tout aussi bien siéger dans l'orbite, nous rangeons cette observation parmi les hématomes par contrecoup.

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