PRES
Dans l'orbite se produit un contre-coup qui détermine la rupture d’une branche vasculaire. Le terme de contre-coup est employé fréquemment dans la pathologie des traumatismes et avec des sens différents. Pour nous l'effet du contre-coup se fait sentir, comme suit d'une facon générale : le cràne est placé à l'une des extrémités d'une chaîne de pièces osseuses solidement unies entre elles. Ces pièces possèdent une certaine solidité et jouissent de propriétés élastiques évidentes ; un choc supporté par l'une des pièces peut se transmettre à l’autre bout de la chaine sans que la première pièce touchée soit fracturée, elle se tasse, se courbe, se plie mais résiste. — La zone frappée transmet ainsi le choc du corps vulnérant jusquà l'orbite. Les parois orbitaires résistent comme le crâne lui-même et tout se borne à une violente secousse. C'est cette secousse qui agit sur les parties molles de l'orbite.
L'œilest protégé en arrière par le coussinet adipeux qui occupe le fond de l'orbite ; d’ailleurs la course du globe oculaire est limitée en arrière par le rétrécissement progresssif de l’entonnoir orbitaire. Les muscles orbitaires grâce à leur tonicité aident à maintenir l’œil en place; il en est de mème de là contention produite par l’orbiculaire et le fascia tarsoorbitaire.Toutescesraisonss’opposentau tiraillement et à la rupture des vaisseaux. Ceux-ci d’ailleurs sont peu mobiles par suite de la graisse qui les environne. Le sang paraît donc devoir s’épancher difficilement dans l'orbite et il faut en effet une violence considérable pour qu’une hémorragie se produise.
- Les-forces qui produisent les lésions peuvent agir de différentes facons. Le plus souvent, nous l’avons vu, il s'agit de chute d’une grande hauteur. Dans un deuxième cas un choc direct produit la rupture et enfin dans un troisième cas c’est par compression que l’hématome s’est constitué.
Considérons une chute sur la tête. Le corps qui tombe d’une certaine hauteur arrive sur le sol animé d'une grande vitesse. L'œil pendant toute la durée du déplacement s’est tenu appliqué contre la paroi de l'orbite la plus déclive, contre la zone qui pendant la chute était la plus rapprochée du sol. Au moment de l'arrêt brusque du cräne sur le sol, l’œil est projeté contre la paroi opposée de l'orbite avec une force qui est directement en rapport avec la vitesse du corps au moment où il heurte le sol. Le poids du corps est encore un facteur qui intervient. Cette secousse violente de l'œil qui frappe successivement les parois opposées de l'orbite suffit pour rompre les vaisseaux. Ce qui se passe — qu'on nous permette cette comparaison — est en somme un peu analogue à ce quia lieu lorsqu'on secoue un pinceau. Si l’on prend un pinceau sec et qu'on le plonge dans une poudre fine, un certain nombre de grains restent attachés aux poils. Le pinceau étant tenu par l'extrémité opposée pourra être déplacé, secoué avec assez de douceur pour que la poussière reste adhérente ; mais que l’on vienne à arrêter brusquement le pinceau sur une tige dure et un certain nombre de grains vont se séparer des poils qui les portaient. La force qui détache les grains peut à un degré plus marqué détacher les vais-