CONCLUSIONS
1° Il existe des hémorragies et des hématomes intra-orbitaires qui se produisent dans les traumatismes en dehors de toute fracture de la base du crâne comme le prouvent les constatations nécropsiques que nous rapportons.
20 Ces épanchements sanguins semblent se produire par contre-coup (Rollet). Le globe oculaire est violemment secoué, les branches des vaisseaux ophtalmiques sont rompues sous cette influence, soit à leur entrée dans le globe, soit en un autre point.
3° L'hémorragie qui se produit dans ces conditions infiltre les graisses orbitaires qui se comportent comme une éponge ; delà, le sang peut s'étendre en avant par imbibition progressive des tissus et vient former les ecchymoses sous-conjonctivales et palpébrales. L’ecchymose extérieure peut manquer, le sang
secoagulant et s’enkystant rapidement dans la loge
orbitaire postérieure et donnant lieu simplement à de l’exophtalmie.
4° L'apparition tardive à la suite des traumatismes craniens des ecchymoses sous-conjonctivales et
HER ee
palpébrales avec les caractères précis que nous connaissons signifie seulement épanchement de sang en arrière de l'œil. C’est à tort que l’on donne classiquement à ce symptôme la valeur d’un signe absolu de fracture du crâne.
5° Les hémorragies orbitaires par contre-coup paraissent d'observation rare d’après notre petit nombre de cas; ces accidents doivent retenir l’attention et sont peut-être plus fréquents qu'on ne ïe pense chez les sujets qui ont été atteints de traumatisme et qui sont guéris d’une soi-disant fracture du crâne.
6 Le pronostic de ces épanchements est grave surtout en raison des accidents encéphaliques concomitants, on n’a donc naturellement pas à redouter les complications immédiates et éloignées qui relèvent uniquement d’une solution de continuité des os du crâne.
Vu LE PRÉSIDENT DE LA THÈSX, JABOULAY.