‹ Hémorragie de l'orbite: par contre-coupChapitre 7 sur 30 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Historique et Observations.

On conçoit que l’étude des épanchements sanguins de l'orbite ait été négligée par les observateurs en considérant que dans les cas où on les rencontre ils : sont associés à d’autres lésions qui attirent tout d'abord l'attention lorsqu'on pratique une autopsie. C'est en effet à la suite de grands traumatismes qu'on les rencontre, soit dans une chute d’un lieu élevé, soit à la suite d'un choc violent.

Dans de semblables circonstances, lorsque le sujet succombe peu de temps après l'accident, on étudie à l’autopsie l’état des enveloppes cérébrales et de la masse encéphalique; on porte ses investigations du côté des os de la base du crâne. On recherche les fissures osseuses et si la disposition de l’une d'elles conduit vers l’orbite, on sera amené à rechercher du côté de cette cavité les dégâts qui ont pu se produire mais le désir de rechercher l’état du contenuorbitaire ne vient pas toujours à l'esprit.

pire

En général l’autopsie a révélé l'existence de lésions qui expliquent la mort du sujet et l'observateur satisfait ne pousse pas plus avant la dissection.

Il serait bon cependant de rechercher d’une façon systématique l’état du squelette orbitaire et d'inspecter les parties molles de l'orbite. Ce n’est qu'à la suite de nombreuses récherches que l’on pourrait arriver à multiplier suffisamment les observations d'hématomes orbitaires par simple contre-coup pour en fixer une statistique.

Jusqu'à ce jour les faits connus sont très rares par suite de l'insuffisance des recherches sur ce sujet. Nous avons réuni dans ce travail toutes les observations que nous avons pu recueillir, la plupart ont été publiées en Allemagne. Nous avons ajouté à la liste ‘deux cas observés dans le service de M. Rollet, professeur agrégé à la Faculté de Lyon.

Ce petit faisceau de faits nous montre qu'aujourd'hui l'existence des hématomes orbitaires par contrecoup est suffisamment prouvée pour ne pouvoir être mise en doute et d’autre part on peut penser que-si ces lésions sont actuellement d'une extrême rareté, c'est vraisemblablement parce qu'on ne les recherche pas.

À l'étude du sang épanché dans l'orbite vient se joindre une autre question, c'est la marche de l’hémorragie qui vient se manifester sous forme d’'ecchymoses sous-conjonctivales et palpébrales; les quelquesconsidérationsauxquelles cette question donnera lieu feront l’objet de la deuxième partie de ce sujet.

Demarquay dans son. ouvrage sur les tumeurs de

y l'orbite rapporte que l’on trouve dans Fabrice de Hilden le récit d’une extravasation sanguine produite sous l'influence d’un traumatisme ayant agi en dehors de l’orbite (Fabrice de Hilden, centurie V, obs. 17: Quapropter sanguis extravenatus excitum non habens et ad oculum sinistrum defluens, ete.).

Nous avons cité le passage de la thèse de Rollet, Paris 1848, où il est dit qu'un contre-coup peut produire dans l'orbite une hémorragie des parties molles.

Friedberg, Bergmann ont rapporté des cas d’infiltration sanguine sans fracture: Friedberg s'exprime de la manière suivante (Zur Entstehung u. Diagnose der Fräctur des Orbitadaches, 4rch./f. path., Anat., XXXI, p. 362): « ... Sans compter les autres causes d'hémorragies orbitaires, je veux rappeler qu'après des accouchements difficiles, surtout si l'emploi du forceps a été nécessaire, on trouve quelquefois des épanchements sanguins dans les orbites ou dans les paupières à l’autopsie des enfants, sans que l'on puisse trouver une fracture des os du crâne. »

Bergmann de son côté écrit (Verlezungen der Knochen des Schædels, Handbuch der Allegem. u. spec. Chirurgie, WI, 1 Abth.) : « .…. Enfin on connaît des cas où il y a beaucoup de sang épanché, non seulement à la suite d’un coup sur l'œil, mais aussi à la suite d’une chute sur le front ou sur la mâchoire, sans qu'il y ait fracture dans les parois de l'orbite. »

Ces faits ne sont pas suffisamment démonstratifs pour prouver la possibilité de la production d'épanchements sanguins indirects sans lésion des parois orbitaires.

Dares

Berlin,avant d’avoir étudié les pièces de von Hælder écrivait à son tour : « Je n’ai jamais rencontré dans la littérature médicale une observation d’épanchement sanguin dans l'orbite sans fracture des os du crâne. Les observations de Lucas (De l’épanchement sanguin après des coups entre l'abdomen et le thorax, Guy's Hosp. Rep., série II, vol. XIX, p. 432) ne représentent que des subjonctival and palpebral ecchymoses.

Après l'étude des observations de de Hælder, Berlin conclut qu’il existe des cas d’hémorragie orbitaire suite de commeotion du crâne sans fracture de la voûte orbitaire ni des autres parois de l'orbite. Notre travail nous conduit aux mêmes conclusions mais tandis que Berlin déclare que les faits de cette nature sont négligeables parce qu'ils sont tout à fait exceptionnels, nous pensons que de tels accidents doivent prendre place dans la pathologie et sont injustement relégués dans l'oubli.

De Hælder a compulsé 124 cas de blessures du crâne observées par lui-même, sur lesquelles on constata 79 fractures orbitaires par continuité dont 69 présentaient des hémorragies intra-orbitaires ; les autres ne montraient que de minces couches sanguines étalées entre l'os et le périoste. Il en résulterait que dans le nombre des épanchements intra-orbitaires consécutifs à de violentes secousses de crâne, 91 à 92 p. 100 concorderaient avec des fractures des parois orbitaires, tandis que 8 à 9 p. 100 se présenteraient sans lésion osseuse.

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