‹ Hémorragies et ruptures des membranes profondes de l'œil: par blessures de guerre sans altération apparente du globeChapitre 13 sur 60 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

In Annales d'Oculistique, 1872 (2° semestre), Klinische Monatsblätter für Augenheilkunde. Contribution à l’oculistique des armées; blessure de l'œil et des annexes par arme de querre, par Paul Schræters.

Soldat saxon blessé près de Sedan par une balle de Chassepot. Le projectile avait pénétré à un demi-pouce en arrière de la commissure palpébrale externe de l’œilgauche, traversé la paroi externe de l'orbite pour sortir entre

nr l'apophyse coronoïde et le condyle du maxillaire inférieur droit.

O. G. : Un peu dévié, mais libre dans tous ses mouvements.

Scotome central du champ visuel, et, à la périphérie, perception de la lumière seulement.

A l'ophtalmoscope, tache à reflets jaunâtres, élargie, horizontale, située au-dessus et en dehors de la papille ; les vaisseaux rétiniens passent en dessus de cette tache, et, à son niveau, on aperçoit quelques vaisseaux de la choroïde. Il s'agit donc d'une déchirure (raumatique et isolée de cette dernière membrane.

Indépendamment de cette lésion, on voit dans la région de la macula lutea une bande gris blanchâtre, membraneuse, transparente, dirigée longitudinalement, et que l’on reconnait être constituée par des tissus cellulaires de néoformation. Avec un éclairage intense, on aperçoit à travers cette bande le reflet blanc jaunâtre de la sclérotique. Les vaisseaux rétiniens qui bordent cette bande fibreuse disparaissent sous elle, et émergent du côté opposé. Cette bande n’est autre chose que la cicatrice d’une déchirure de la rétine et de la choroïde. Ces déchirures ont été produites par cause directe.

L'abolition presque complète de la vision excentrique prouve qu'indépendamment des déchirures le passage de la balle a dû produire un ébranlement violent de la rétine, bien que l’ophtalmoscope n’en fasse pas voir les effets.

OBSERVATION Il

L'auteur cite un second cas de déchirure traumatique de la choroïde, dans lequel, à part un rétrécissement assez étendu du champ visuel, la vision avait conservé un certain degré d’acuité,

TS

Ces observations nous ont paru devoir être rapportées en détail à cause de leur analogie avec celles que nous avons recueillies nous-même.

Nous devons attirer l’attention sur ce fait que, si l’auteur parle d’un ébranlement violent dû au passage du projectile, il attribue les déchirures rétino-choroïdiennes à une cause directe. Or, en considérant les orifices d’entrée et de sortie de la balle, il semble évident que celle-ci n’a pas touché le globe et que la dilacération des membranes profondes de l'œil est de cause indirecte et due aussi à l’ébranlement.

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