INTRODUCTION
Lorsqu’en août 1914 éclata la guerre actuelle, nous : avions, sur les conseils de nos maîtres de la Faculté et des Hôpitaux, commencé depuis plusieurs mois un travail sur l’histo-physiologie de la choroïde. Nous avions comme objet d'en reprendre l'étude; après plusieurs essais, nous avions décidé de remplacer la méthode des étalements par celle des coupes tangentielles. Ainsi, nous pouvions, après dépigmentation par l'acide chromique, étudier les éléments constitutifs de ce tissu en appliquant les nouvelles techniques de coloration. Nous nous proposions ensuite de reproduire expérimentalement sur de jeunes chats les lésions anatomo-pathologiques dues aux toxines le plus souvent incriminées en clinique.
Brusquement, il nous fallut interrompre toute recherche et toute expérimentation pour rejoindre comme médecin auxiliaire le bataillon de chasseurs auquel nous étions affecté.
Six mois plus tard, après notre évacuation du front, étant nommé au grade d’aide-major, nous étions attaché au Centre ophtalmologique de la XIV* Région. Nous ne pouvions songer à continuer nos recherches précédentes, car nous n’aurions pas voulu soustraire au Service des blessés les longues heures qu’exige la moindre manipulation de laboratoire.
Mais ces occupalions nouvelles nous créaient un vaste champ d’études puisqu'il faut déplorer un nombre considérable de blessés de la face et des yeux. Tant dans les Services hospitaliers qu'à la consultation externe de l'hôpital Desgenettes, nous avons vu défiler toute la pathologie oculaire par traumatisme comme par lésions constitutionnelles.