‹ Hémorragies et ruptures des membranes profondes de l'œil: par blessures de guerre sans altération apparente du globeChapitre 41 sur 60 · C..., Théophile, 12° alpins, vingt-deux ans · texte numérisé non relu

C..., Théophile, 12° alpins, vingt-deux ans

Blessé à Rothberg (Alsace) le 19 février 1915.

Une balle pénétra au niveau de l'angle externe de l'œil droit, traversa la bouche, sortit à 2 centimètres en dehors de la commissure labiale gauche. Hémorragie assez abondante. Douleurs oculaires à droite très aiguës pendant trois jours.

Mars. — Examen : aspect normal du globe. Vision quantitative: depuis la blessure, larmoiement; pas de douleurs.

Au fond : rupture choroïdienne typique, concentrique à la papille, reliquat d'hémorragie rétinienne disséminée.

O8sERVATION XLI (H.-D., 1193).

Blessure par balle. — Choc orbitaire. — Rupture choroidienne juxta-papillaire; hémorragie de la partie inférieure du champ rétinien. — O. D. V. : normal. —

OUCAV:E 0!

F..., André, 51° d'infanterie, trente et un ans.

Il était environ à 250 mètres de l’ennemi et s’en allait demi-courbé, chercher un outil lorsqu'il fut blessé. Une balle entra au niveau de la 7° cervicale, à gauche de la colonne, et ressortit juste en dessous de l'œil gauche, à 1 centimètre du bord libre de la paupière inférieure, près de l’angle interne.

La cicatrisation fut rapide; l'œil, au début, présenta une ecchymose sous-conjonctivale qui se résorba rapidement.

Etat actuel :

Mai 1915. — Cicatrice adhérente, en doigt de gant; réflexes pupillaires conservés, la vision est quantitative

— 72 + seulement, sauf dans la région inférieure du champ où le malade perçoit la main sans compter les doigts.

O. D. : vision normale.

O. G. : la papille est de teinte normale. Tangente à son bord interne, existe une cicatrice de rupture choroïdienne qui se prolonge en bas d’un diamètre papillaire environ.

En dessous de la papille, des amas de pigment circonscrivent une plaque blanchâtre de choroïdite atrophique, si bien que la papille est entourée en bas et en dedans par ces lésions. Prolongeant ces dernières de chaque côté, deux amas pigmentaires s’avancent vers la région équatoriale, séparées par une zone saine. Notons, enfin, à l'extrême limite du champ ophtalmoscopique, une nappe hémorragique encore rouge. Avec le miroir concave seulement, le malade regardant en bas, la lueur pupillaire apparaît grisâtre et en imposerait ainsi, à premier examen, pour un décollement.

Osservarion XLII (consultation externe).

Blessure par balle. — Choc orbito-malaire. — Grosse lésion maculaire, rupture de la choroïde. — Rétinite proliférante, hémorragie. — Choroïdite atrophique. —

OD. V4 normal. — 0: NN: 200

P..., caporal, 257° d'infanterie.

Blessé le 3 mars 1915 à Beauséjour (Champagne).

Etait dans une tranchée prise de flanc par le feu de l’ennemi. Une balle pénétra en avant du tragus gauche pour sortir au-dessous de l'O. G. près du rebord orbitaire qu’elle fractura.

Avril. — O. G. V.: Q., réflexes cornéens normaux.

Au fond : la papille est normale. Entre elle et la macula, on aperçoit une déchirure en arc de cercle dont la concavité regarde la papille. La région maculaire est parsemée de gros pochons noirs. En bas eten dehors s’avance, à partir

rh

de la région équatoriale, une plaque grisâtre : exsudat, ou décollement réappliqué. Enfin un tractus fibreux, tendu, partant du fond de la déchirure choroïdienne, suit une direction horizontale, s'épanouit en une plaque blanche qui fait saillie sur le reste du fond.

Ça et là, dans le reste du champ rétinien, quelques hémorragies régressives dont quelques-unes se trouvent sur le trajet des vaisseaux rétiniens,

O8sEervarTION XLIII (M., 64).

Blessure de la face par balle. — Pénétration dans le visage et dans les paupières des débris de dents arrachées et projetés par la balle. — Chorio-rétinite de l'œil droit. — O G. V.: 1/4. — O. D. V.: Q. (Fig. 14.)

R..., Benoît, sergent, 28° alpins, vingt-six ans.

Blessé à Steinbach le 27 décembre 1914.

Une balle le frappa à la joue droite. Elle entra au niveau de l'intersection des branches montante et horizontale du maxillaire inférieur, et, heurtant les bords alvéolaires inférieurs, puis supérieurs, sortit dans la joue, suivant le prolongement de l’aile droite du nez en fendant la lèvre. Onze dents furent arrachées, cassées et les débris projetés avec violence sur le visage où ils s'incrustèrent. On lui en enleva dans le menton, sous la paupière gauche, ainsi que dans la paupière supérieure droite à 1 demi-centimètre en dedans de la commissure palpébrale interne. IL voit un peu de lumière à droite dans le champ du côté nasal. Un spécialiste diagnostiqua un décollement de rétine traumatique.

Juin 1915. — La papille, normale, présente une vaste excavation physiologique. On voit en dessus et en dedans d'elle une ligne nacrée de rupture choroïdienne, reliée en son milieu à la papille par unc nouvelle déchirure en Y.

A la partie externe du champ ophtalmoscopique, quelques petits points pigmentaires; tout à fait en dedans, on

= ie voit des plaques blanches dont quelques-unes sont très allongées.

Dans la zone la plus interne, prohémine une lésion de couleur verdâtre qui doit être un décollement rétinien réappliqué ayant donné de la rétinite proliférante.

O. G. : aucune lésion visible. V. : 1/4.'

OBservATION XLIV (consultation externe).

Blessure par balle. — Choc orbito-nasal. — O.G. V.: 1. OD'N> 0,

R..., Pierre, 4° génie.

Blessé le 1° mai au bois d’Aïlly par une balle tirée de 20 mètres environ, alors qu'il était à genoux, la tête penchée pour épauler le fusil. La balle traversa l'épaule droite, puis pénétra derrière la branche montante du maxillaire supérieur pour ressortir au niveau du plancher orbitaire droit, près de l’angle interne. L’œil droit n’a pas été touché; son aspect est normal; léger œdème palpébral.

Juin. — 0. D. : examen du fond d'œil : papille un peu floue; déchirure choroïdienne en are de cercle concentrique à la papille et située à 1 diamètre papillaire en dessous.

La région comprise entre cette déchirure et la papille a une teinte rougeâtre, tandis que, de l’autre côté de la scissure, l'hémorragie commence à se résorber, et donne lieu à des traïnées de pigments.

b) Obus.

OsservaTION XLV (D., 852, M., 2).

Blessure profonde par éclat d'obus de la région temporomalaire gauche. — Déchirure choroïdienne et hémorragie. — O. D. V. : normal. — O. G. V.: Q. (Fig. 15.)

C..., Martin-Victor, 170° d'infanterie, trente ans. Blessé à Mesnil-les-Hurlus le 16 mars 1915.

Un obus éclata non loin de lui, la flamme lui lécha le

Planche VIII,

FrG. 14.

OgservaTioN XLIII.

O. D. Ruptures choroïdiennes multiples. — Proliféralion conjontive équatoriale. — Piqueté hémorragique.

OBsERVATION XLV.

O. G. Rupture choroïdienne en arc de cercle. — Grosses lésions maculaires de choroïdite atrophique.

DOTE 17e PUS :

ms

= Flee visage et un éclat assez volumineux l’atteignit à la joue gauche, lui faisant une blessure très profonde. Il tomba et, ayant essuyé le sang qui l'aveuglait, il se rendit compte qu'il ne voyait pas de l'œil gauche ; depuis, il n’aperçoit de ce côté qu'un brouillard grisâtre avec quelques taches claires.

A Valmy, sérum antitétanique.

À Mesnil, extraction de l'éclat demeuré dans la plaie.

24 mars. — À l'entrée, vaste plaie verticale tangente à l'angle externe de l'œil gauche mesurant environ 5 centimètres de haut sur 2 centimètres de profondeur; plaie anfractueuse avec des muscles pâles et comme cisaillés qui en forment les parois.

L'exploration au stylet décèle une fracture de l’apophyse et de l'os malaire ; l'articulation temporo-maxillaire n’est pas intéressée.

Le stylet s'engage dans un pertuis qui conduit au sinus maxillaire supérieur ouvert.

Gêne légère des mouvements de mastication. Les paupières sont tuméfiées avec une légère ecchymose. L’œil est indemne : O. G. : Q.

Au fond : en dedans de la papille, rupture choroïdienne concentrique ; au niveau de la région maculaire, plaque grisâtre avec pigments.

Dans la région équatoriale inférieure existe une hémorragie rouge, de même dans la région équatoriale supérieure, où elle est moins volumineuse.

9 avril. — Grosse amélioration de la plaie, poussée de rhumatisme à la main droite.

Examen ophtalmoscopique : même état.

28 juin. — Plaie cicatrisée, sauf un petit point suintant.

O. G. : papille un peu pâle ; en dedans, rupture choroïdienne concentrique ; en dehors, dans la région maculaire, trois plaques noirâtres appliquées sur une région grise de choroïdite atrophique.

Dans la région équatoriale supérieure, nouvelle petite plaque de choroïdite atrophique.

ni Quelques grains de pigments autour de la papille, sur-

tout en dehors.

Plus aucune trace d'hémorragie rouge.

OgservarTION XLVI (consultation externe).

Blessure par éclat d'obus entré au niveau de la paupière inférieure. — Rupture choroïdienne au dessous de la papille. — Reliquat d’hémorragie équatoriale. — O0. :GrMatnormal. =02D4% 0

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