‹ Hémorragies et ruptures des membranes profondes de l'œil: par blessures de guerre sans altération apparente du globeChapitre 8 sur 60 · E. CLASSIFICATION · texte numérisé non relu

E. CLASSIFICATION

I. Dans un premier groupe, nous examinons tous les cas où il existe un décollement rétinien. Celui-ci peut être la seule lésion du fond d'œil; il intéresse parfois presque toute la rétine que l’on voit flotter derrière le cristallin : c’est le décollement en parapluie, masquant la papille de ses plis. Ailleurs, la papille est nettement visible et le décollement est partiel, mobile, vallonné.

A côté de ce cas typique trouvent place les décollements associés. La rétine peut être non seulement décollée, mais encore déchirée (cf. obs. X). Le plus souvent, c'est la portion non décollée qui présente des lésions plus ou moins considérables rétino-choroïdiennes.

IT. Dans le groupe suivant, nous classerons tous les cas où la désorganisation des membranes causée par le traumatisme a donné lieu à une prolifération conjonctive ou à un exsudat fibreux.

Nous avons fait remarquer qu'il s'agissait le plus souvent alors d’un décollement réappliqué : il est même parfois difficile de poser un diagnostic précis entre un décollement périphérique et une plaque fibreuse équatoriale. D'ailleurs, 1l semble exister entre ces deux états tous les intermédiaires. A l’examen au miroir concave, on est frappé par la lueur blanchâtre, parfois verdâtre, du fond de l'œil qui rappelle souvent d’une façon frappante le fond d'œil avec tapis du chat ou du chien.

enr.

Ces plaques, en effet, sont souvent nacrées ou bien même verdâtres, avec quelques tractus qui les parcourent. Elles apparaissent en saillie sur le reste du fond et masquent le plus souvent les vaisseaux rétiniens. Les rares vaisseaux qui cheminent à leur surface suivent un trajet irrégulier ou disparaissent dans des excavalions.

Parfois, la rétine semble avoir été dilacérée et les vaisseaux changent brusquement de direction en touchant les bords de la plaque fibreuse.

Une prolifération conjonctive intense péripapillaire donne, en général, une atrophie de la papille.

Ces plaques de rétinites proliférantes peuvent constituer les seules lésions du fond ou être associées à d’autres altérations.

IIT. Les ruptures de la choroïde nous ont semblé assez caractéristiques pour mériter d’être classées ensemble dans un troisième groupe de lésions.

Chaque déchirure présente un caractère propre ; 1l peut s’agir d’une simple fissure, ou, au contraire, d’une vaste brèche, le plus souvent en forme d’arc de cercle concentrique à la papille. Les bords en sont pigmentés et ce liséré noir se détache sur la sclérotique blanchâtre que laisse apercevoir la déchirure, Çà et là serpentent sur ce fond quelques vaisseaux sclérotiquaux, tandis que les vaisseaux rétiniens passent comme des ponts d’un bord à l’autre. La déchirure choroïdienne est parfois, tel le décollement rétinien, la seule lésion causée par le traumatisme. Mais, bien souvent, elle se trouve associée à d’autres lésions,

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