‹ Hémorragies et ruptures des membranes profondes de l'œil: par blessures de guerre sans altération apparente du globeChapitre 7 sur 60 · D. ÉVOLUTION DES LÉSIONS · texte numérisé non relu

D. ÉVOLUTION DES LÉSIONS

Les premiers jours, l'ophtalmoscope montrera donc soit un épanchement sanguin léger du vitré, soit une image plus ou moins nette suivant la limpidité des milieux. Il montrera encore la prédominance presque constante des hémorragies rouges, soit rétiniennes et bien délimitées, soit choroïdiennes sous forme de nappes diffuses pouvant masquer les ruptures de la membrane. Enfin, nous aurons, dès cette période, l’image type du décollement rétinien.

Avec le temps, ces lésions évoluent selon divers processus et acquièrent enfin une forme stable. L’évolution tend ou vers l’atrophie rétino-choroïdienne, ou vers une prolifération conjonctive cicatricielle.

Les hémorragies perdent leur couleur rouge vif et ne sont plus représentées que par des amas pigmentaires noirâtres tranchant sur un fond pâle d’atrophie choroïdienne.

En général, toute rupture capillaire de la choroïde avec désorganisation de ses tissus évolue vers l’atrophie ; la plaque atrophique sera toujours plus con-

Le Me 2

4 Eu sidérable que la nappe hémorragique (obs. LXX VIII). En effet, certaines lésions histologiques s'étendant plus loin que l'hémorragie ne sont pas décelables tout d'abord à l’ophtalmoscope, tandis que, plus tard, elles donnent lieu à une zone atrophique bien distincte.

Les ruptures choroïdiennes proprement dites, visibles au bout de quelques jours seulement, demeurent semblables à elles-mêmes.

Il en est également ainsi pour beaucoup de décollements rétiniens qui restent mobiles et bien délimités.

Mais, souvent, le décollement parait n'avoir pas été le fait prédominant, 1l est, croyons-nous, une conséquence des graves lésions de désorganisation causées par le traumatisme aux tissus de la rétine et de la choroïde. C’est alors que la rétine déchirée, plus ou moins dilacérée, se réapplique contre la surface choroïdienne abrasée et saignante.

Et l’évolution des lésions donnera lieu à la néoproduction d’un Uüissu conjonctif développé aux dépens des éléments nobles rétino-choroïdiens. Ces zones conjoncüves, véritables exsudats fibreux, seront appelées plaques de chorio-rélinite proliférante. ,

Les lésions ainsi constituées peuvent se grouper entre elles et donner à chaque fond d’œil un aspect qui lui est propre. Malgré la complexité apparente qu'il offre parfois, on arrive loujours, par l'analyse, à reconnaitre en ces lésions un type bien connu et bien étudié. Chaque type se trouve représenté dans le Traité d'Ophtalmoscopie du professeur Rollet; il suffira de s’y reporter pour le bien comprendre :

Le La rétine donne le décollement rétinien

(Cf. Rorrxr, Trailé d'Ophtalmoscopie, p. 290, fig. 33-34);

la rétinite proliférante et les hémorragies.

(Ibid., p. 280, fig. 31-32).

La choroïde donne la rupture, l’'hémorragie (Ibid., p. 314, fig. 35-36),

et la choroïdite atrophique (Ibid., p. 316, fig. 37-38).

Mais, s'il est facile, en théorie, de classer les lésions et de rattacher les unes ou les autres à la choroïde ou à la rétine, ceci est parfois impossible en clinique. Nous ne saurions trop redire, en effet, que dans beaucoup de cas les deux membranes essentielles subissent ensemble les effets du traumatisme, réagissent l’une sur l’autre, et que les lésions constatées sont rétino-choroïdiennes.

À dessein, nous sommes très bref en parlant du décollement rétinien, de la déchirure choroïdienne et des autres lésions élémentaires du fond : l’étude de leur pathologie est faite dans tous les livres classiques, nous répéterions ce qui a été dit sur chacune d'elles.

En comparant un grand nombre d'images ophtalmoscopiques les unes avec les autres, on peut arriver à grouper ensemble celles d’entre elles qui présentent certains caractères communs essentiels. Ainsi avonsnous fait pour nos observations, mais nous tenons à rappeler que toute classification est toujours un peu artificielle et qu'il est souvent malaisé de faire entrer tel ou tel cas complexe dans un cadre forcément étroit.

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