‹ Hémorragies méningées à la forme méningitiqueChapitre 17 sur 21 · PONCTION LOMBAIRE.— MÉTHODE DE LABORATOIRE · texte numérisé non relu

PONCTION LOMBAIRE.— MÉTHODE DE LABORATOIRE

On pratiquera la ponction lombaire en se conformant à la technique formulée par Tuffier et Milian (Pr. méd., 5 mars 1903). Le liquide retiré est hémorragique ; ce diagnostic nous est fourni par trois ordres de faits.

La coloration est le phénomène qui frappe le premier l'observateur, si elle est rose ou franchement rouge (érythrochromie); la présence de sang dans le liquide est indiséutable. Si le liquide présente de la xanthochromie ou même est complètement clair, la centrifugation permettra de constater au microscope l'existence de globules rouges et d’affirmer la nature hémorragique. Nous connaissons les formes variées que peuvent revêtir les hématies au cours de l'hématolyse ; nous saurons donc, dans tous les cas, dépister leur présence. D'ailleurs, la ponction lombaire devra être précoce et l’on arrivera alors assez tôt pour trouver desglobules dans un état voisin de la normale, ce qui facilitera beaucoup le diagnostic.

: Enfin, l'examen spectroscopique du liquide céphalo- rachidien de suite après la ponction vient confirmer d’une façon sûre la constatation faite au microscope. ;

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On trouve le spectre de l'oxyhémoglobine avec ses deux bandes d'absorption entre les raies D et E. L'action d'un. corps réducteur (sulfhydrate d’ammon.) transforme ces bandes en une seule située entre elles deux (bandes de Stoc- î kes).

Si le premier point du diagnostic, à savoir l'existence d'hémorragie sous-arachnoïdienne, est facile à déterminer. la recherche de la nature pathogénique de cette hémorragie est un peu plus délicate.

On devra d’abord s’assurer que la présence de sang dans le liquide est bien antérieure à la piqûre et non déterminée par elle, Tuffier et Milian ont indiqué les moyens d'éviter celle erreur de diagnostic : 1° Si on recueille le liquide dans Lrois tubes, ce qu'on ne doit jamais négliger de faire, le sang mis en liberté par la blessure d’un vaisseau de la prit ou 6 muscles ne teinte que le début seul de l'écoulement : — ?° en employant une aiguille à biseau court munie d' un. ren à l'intérieur, on évite d'embrocher à moitié une Le veine sous-dure-mérienne ou pie-mérienne. Cette fausse position de l'aiguille à cheval sur la cavité arachnoïdienne etsur le vaisseau donnerait un liquide mélangé de sang qui : ; induirait en erreur. Si, malgré la forme de l'aiguille, l'accident se produit quand même, en imprimant des mouvements | 4 de va-et-vient au trocart, on arrive à se trouver en plein 4 liquide céphalo rachidien ; — 3° le sang épanché aumoment de l'opération se prend en un caillot au fond du tube : celui qui à séjourné dans les espaces sous-arachnoïdiens ne con: gule pas, et, si on le centrifuge, il laisse subsister au-dessus 5. du culot une coloration laquée due à F hématolyse antérieure. |

Nous devons nous demander maintenant si l'hémorragie est bien purement sous arachnoïdienne, sans participation de procéssus inflammatoire et s'ilnes ‘agit pas d’une méningite hémorragique (cérébro:spinale, tuberculeuse, syphiliti-

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que, septique) lei deux éléments de diagnostic sont en notre possession : {1° L'existence ou l'absence de coagulum; 2° l'étude de la formule leucocytaire ; 3° la bactérioscopie. Nous avons vu, à propos de la symptomatologie, que le liquide hémorragique aseptique ne coagulait pas. Dans les observations de Froin, « jamais le plus petit coagulum: ne s’est montré et n’est venu manifesterle passage indiscutable de sérosité inflammatoire dans la cavité sous arachnoïdienne ». Au contraire, dans les méningites, le liquide est riche en fibrine. Celle-ci se prend en un caillot'ou bien, lorsqu'elle est peu abondante, elle forme des flocons qui nagent dans l'intérieur des tubes. Il y a donc là un: signe

distinctif dont on comprend l'importance.

Dans les processus inflammatoires, l'étude du sang et des exsudats dénote une hyperleucocytose au profit des polynucléaires Dans les méningites cérébro-spinales à méningocoque de Weichselbaum, la polynucléose est des plus intenses. Orcette maladie est celle qui présente cliniquement le plus de points communs avec celle dont nous nous occupons. Il nous sera par conséquent permis de l'éliminer de notre discussion diagnostique suivant ie sens de Ïa formule leucocytaire. Les méningites aiguës, qui viennent compliquer les infections de l'organisme, s’accompagnent également de polynucléose: on ne les confondra donc pas avec les hémor-

ragies proprement dites. Si le liquide contient de la Iympho:

cytose, — et nous avons vu que ce fait se produitau début et surtout à la fin du processus hématolytique, —commentpourrons-nous distinguer notre affection des méningites syphilitiques et tuberculeuses qui sont aussi des maladies à mononucléose ? Lasyphilis méningéen'’est jamais ou très rarement la première manifestation spécifique : elle s'accompagne où a été précédée d’autres accidents qu'on ne négligera pas de rechercher. D'ailleurs, dans le doute, le traitement mercu-

RE ve de riel qui à donné à M. Gaillard, dans un cas de méningite syphilitique, un résultat excellent au bout de trois jours !, 4 sera la pierre de touche du diagnostic. : %

Dans la méningite tuberculeuse, outre les signes cliniques qui lui sont propres, on constate un abaissement considérable du point cryoscopique, une réaction albumineuse etenfin la présence de bacilles de Koch. Le

La bactérioscopie du liquide céphalo-rachidien donne, en À effet, dans beaucoup de cas des renseignements très utiles et d'une grande précision. Ces recherches peuvent se faire suivant plusieurs méthodes. La plus simple consiste à pré} lever une parcelle du culot obtenu/par centrifugation et de ‘ l'examiner au microscope après l'avoir fixée et colorée. Ce mode opératoire donne souvent de très bons résultats. Ona ainsi retrouvé dans le liquide céphalo-rachidien divers agents pathogènes : le bacille de Pfeiffer, le bacille d'Eberth, le coli-bacille, Le méningocoque de Weichselbaum, et enfin le

In, qui à recherché le point de congélation du liquide céphalo-rachidien dans de nombreux cas d'hémorragies méning son élévation, surtout pendant les afflux leuc Ton — 0,56). Contrairement à cela, les

ées, a constaté ocylaires (enviméningites, et en.

© MM, Gaillard et d'OBlsnitz. Soc, méd. 12 juin 1903,

particulier les méningites luberculeuses, s’accompagnent d'un abaissement assez notable du point cryoscopique, qui avoisine — 0,50. [1 y a donc là encore un point de différen ciation qu'il sera bon de rechercher.

Nous passons, à dessein, sous silence la question de la Permméabilité des méninges à Viodure de potassium. C’est une méthode qui donne des renseignements trop contradictoires pour que nous jugions utile d'y insister ici et d’en tirer des conséquences pratiques.

En résumé, le diagnostic par la ponction lombaire comprend deux phases : une première, dans laquelle on établit l'existence d’une hémorragie intra-rachidienne, et cela à l'aide du chromodiagnostic, de la microscopie et de la spectroscopie. Dans une seconde phase, le clinicien s'élève à la notion pathogénique et différencie, au moyen du cytodiagnostic et de la bactérioscopie, les hémorragies sous ‘arach noïdiennes proprement dites des méningites hémorragiques.

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